Le livre est inerte, il agit sur qui l'ouvre, mais il ne se fait pas ouvrir.

À lire aussi de Jean-Paul Sartre

Etre mort, c'est être en proie aux vivants.
La prose est utilitaire par essence; je définirais volontiers le prosateur comme un homme qui se sert des mots. M. Jourdain faisait de la prose pour demander ses pantoufles et Hitler pour déclarer la guerre à la Pologne.
Quant à la beauté, ceux qui peuvent y penser en travaillant, je les classe, si téméraires qu'ils se prétendent, parmi les esprits académiques.
Le geste du don nous sépare des hommes; il n'engendre pas de réciprocité ...
Je n'ai jamais cru qu'on faisait de la bonne littérature avec de mauvais sentiments. Mais je pense que les bons sentiments ne sont jamais donnés d'avance: il faut que chacun les invente à son tour.
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Dans la même œuvre

L'empire des signes, c'est la prose; la poésie est du côté de la peinture, de la sculpture, de la musique.
L'écrivain engagé sait que la parole est action: il sait que dévoiler c'est changer et qu'on ne peut dévoiler qu'en projetant de changer. Il a abandonné le rêve impossible de faire une peinture impartiale de la Société et de la condition humaine.
Il n'est donc pas vrai qu'on écrive pour soi-même: ce serait le pire échec; en projetant ses émotions sur le papier, à peine arriverait-on à leur donner un prolongement languissant.
L'auteur écrit pour s'adresser à la liberté des lecteurs et il la requiert de faire exister son oeuvre.
La lecture est un pacte de générosité entre l'auteur et le lecteur; chacun fait confiance à l'autre, chacun compte sur l'autre, exige de l'autre autant qu'il exige de lui-même.