La présence des autres dans une salle de classe permet l'infini confort de la solitude: j'étais seul, mais entouré je me frottais au groupe comme un matou se frotte aux hommes (j'avais d'ailleurs la sensation, en ce lieu, d' habiter dans un chat) je pouvais mentalement m'isoler , pour vivre ailleurs et autre chose. Je pouvais gribouiller des signes m'essayer à la poésie découvrir en plissant les yeux jusqu'à ce que mes camarades se transforment en statues agitées des continents aberrants. Mes pensées envahissaient peu à peu l'espace; je devenais le personnage principal en ce paysage où les êtres confectionnaient mon décor .
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Le deuil, dans une rupture, est plus difficile, pour moi, que le deuil dans un décès : le décédé est inaccessible à tous, c'est irrémédiable, c'est un absolu. Tandis que dans la rupture, la femme enfuie est accessible au monde entier, sauf à vous. C'est inhumain. Le martyre, alors, est à son comble. C'est en tout cas de cette façon que, régulièrement, je meurs, ou me fais mourir.
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À lire aussi de Yann Moix
Une prison, ce n'est pas strictement un cachot avec des rats. Une prison, c'est tout prosaïquement un endroit dont on ne peut sortir. D'où on ne peut pas s'échapper.
Posséder une femme magnifique, c'est vouloir posséder ce qu'elle possède et que nous ne possédons pas.
Le contraire de la guerre n'est pas l'amour, mais une fin d'après-midi orange, en novembre, dans une école maternelle. On n'y compte ni cadavres ni blessés; nul n'y tremble. Tout y est chaud et bigarré.
L'histoire, vue par les romanciers, n'est pas un tapis de dates, déroulé, sur lequel se situent des batailles, des évènements, des existences, des destructions, des naissances, des inventions ou des conquêtes : elle est la façon dont le temps transperce les hommes, qui ne sont que le tissu du motif et non plus la trame ; c'est le temps qui va d'homme en homme, et non l'homme qui va d'époque en époque. Le temps se diffracte là, il se déforme ici, s'enroule sur lui-même, ralentit, accélère soudain, devient ligne droite, ou spirale, s'éteint, disparaît, revient, s'agite : ce qu'on nomme l'histoire est l'aventure de ces mouvements, de ces circonvolutions, de ces volutes. Nous ne traversons pas le temps ; c'est le temps qui nous traverse.
Dans la même œuvre
L'humanité, paraît-il, a perdu 10 points de Q.I. en cent ans. Permettez-moi de vous dire que cela se voit.
« Se suicider à l'aveu » est non seulement une expression que je revendique, que j'assume, mais c'est une expression que j'adore. Elle signifie qu'aujourd'hui, celui qui dit la vérité sur lui est devenu l'ennemi. Si je commets un acte, tout va bien. Si je dis comment je commets cet acte, je commence à agacer. Mais si je dis pourquoi je commets cet acte, je deviens l'objet de toutes les haines et l'homme à abattre
Il est parfois difficile d'être entendu, d'être compris. La nuance, du moins sur internet, est morte, la culture est approximative, l'intelligence est défaillante. Je dis : « du moins sur internet » mais cette phrase ne signifie pas grand-chose : internet et le monde réel ne font déjà plus qu'un. Ils étaient distincts il y a dix ans : ce n'est plus cas.
Tous les penchants violents, haineux, criminels de l'être humain moderne ont trouvé une nouvelle réalité pour advenir : les réseaux sociaux. Comme on ne peut tuer « pour de vrai », on tue « pour de faux », mais tout en espérant et en sachant que ce faux a des conséquences dans la vie réelle
Et non, ces propos sur les femmes de 50 ans, qui a donné naissance à un véritable « Fiftygate » n'est pas de la provocation. Je suis un individu qui exprime, non pas la vérité, qui n'existe pas, mais sa vérité. Je ne suis pas attiré par les femmes de 50 ans, bien.