Mais un édifice dont tous les détails, jusqu'aux moindres cadres de serrures, sortent d'une seule et même tête pers toute fraîcheur et devient ennuyeux.
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Le besoin qu’éprouve l’homme primitif de couvrir d’ornements son visage et tous les objets dont il se sert est l’origine même de l’art, le premier balbutiement de la peinture. C’est un besoin d’origine érotique, le même besoin d’où jaillissaient les symphonies d’un Beethoven. Le premier homme qui barbouilla un ornement sur la paroi de sa caverne éprouva la même jouissance que Beethoven composant la Neuvième. Mais si le principe de l’art reste identique, l’expression varie au cours des siècles, et l’homme de notre temps qui éprouve le besoin de barbouiller les murs est un criminel ou un dégénéré. Ce besoin est normal chez l’enfant, qui commence à satisfaire son instinct artistique en crayonnant des symboles érotiques. Chez l’homme moderne et adulte, c’est un symptôme pathologique.
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Un m'as-tu vu est un homme qui s'habille avec l'intention expresse de se distinguer de son milieu. Il en appellera tantôt à l'étique, tantôt à l'hygiène, tantôt à l'esthétique pour justifier son sot comportement.
Ce travail de pure décoration a représenté, de tout temps, une dilapidation de la santé et de l’énergie humaine. De nos jours, il représente en outre une dilapidation de matières premières. Aucun avantage, aucun besoin ne justifie plus cette double destruction de richesse. L’ornement n’étant plus rattaché à notre culture par aucun lien organique, a cessé d’être un moyen d’expression de notre culture. L’ornement qu’on fabrique aujourd’hui n’est plus le produit vivant d’une société et d’une tradition ; c’est une plante sans racines, incapable de se développer et de se reproduire.
L’ornement moderne n’a ni parents, ni descendance, ni passé, ni avenir. Les aveugles d’entre nos contemporains, ceux pour qui la grandeur de notre époque est un livre fermé de sept sceaux, ont salué avec des cris de joie “l’art nouveau” que maintenant ils abominent ; ils se préparent à admirer quelque nouvel “art nouveau” dont la faveur ne sera pas moins éphémère.
Il ne peut plus être crée aujourd'hui d'ornement par quelqu’un vivant à notre stade culturel.
Dans la même œuvre
Ne chercher la beauté que dans la forme, ne pas la faire dépendre de l’ornement, c’est là le but vers lequel tend l’humanité entière.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise. Comment fait-on cela ? On cherche quels bâtiments ont déjà été autrefois capables de susciter ces sentiments. C'est à eux qu'il faut se rattacher. Car toute sa vie, l'homme a prié dans certains espaces, bu dans certains espaces. Ce sentiment lui est inculqué, il n'est pas inné. En toute logique, l'architecte qui prend véritablement son art au sérieux doit tenir compte de ces sentiments inculqués.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise.
L'architecte ne crée pas seulement pour son temps, la postérité devra aussi avoir droit à jouir de son oeuvre.
Mais un édifice dont tous les détails, jusqu'aux moindres cadres de serrures, sortent d'une seule et même tête pers toute fraîcheur et devient ennuyeux.