Ne chercher la beauté que dans la forme, ne pas la faire dépendre de l’ornement, c’est là le but vers lequel tend l’humanité entière.
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L'architecte ne crée pas seulement pour son temps, la postérité devra aussi avoir droit à jouir de son oeuvre.
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Le vagabond est l'expression la plus héroïque d’une forte individualité. Il n'est nul besoin d’héroïsme pour avoir de l'argent et rester sans travailler. Mais qui traverse la vie sans argent ni travail est un héros.
Je supporte les tatouages des Cafres, les ornements des Persans, des paysannes slovaques, les dessins de mon cordonnier. Ils n’ont, les uns et les autres, que l’ornement pour embellir et exalter leur vie. Nous, les aristocrates, nous avons notre art moderne, l’art qui a remplacé l’ornement. Nous avons Rodin et Beethoven.
Aux époques de faible individualisme, nos ancêtres exprimaient leur originalité dans leur vêtement. Nous sommes devenus plus délicats. Nous n’étalons plus notre personnalité ; nous la dissimulons sous le masque commun du vêtement moderne. L’homme d’aujourd’hui emploie ou rejette , selon son bon plaisir, les ornements des cultures anciennes ou exotiques. Il n’en n’invente pas de nouveaux. Il réserve et concentre sa faculté d’invention pour d’autres objets.
Mais un édifice dont tous les détails, jusqu'aux moindres cadres de serrures, sortent d'une seule et même tête pers toute fraîcheur et devient ennuyeux.
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Ne chercher la beauté que dans la forme, ne pas la faire dépendre de l’ornement, c’est là le but vers lequel tend l’humanité entière.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise. Comment fait-on cela ? On cherche quels bâtiments ont déjà été autrefois capables de susciter ces sentiments. C'est à eux qu'il faut se rattacher. Car toute sa vie, l'homme a prié dans certains espaces, bu dans certains espaces. Ce sentiment lui est inculqué, il n'est pas inné. En toute logique, l'architecte qui prend véritablement son art au sérieux doit tenir compte de ces sentiments inculqués.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise.
Mais un édifice dont tous les détails, jusqu'aux moindres cadres de serrures, sortent d'une seule et même tête pers toute fraîcheur et devient ennuyeux.
Nous avons une sensibilité plus fine que celle des hommes de la Renaissance, qui pouvaient encore couper leur viande sur fond de scènes mythologiques. Une sensibilité plus fine aussi que celle des hommes de l’époque rococo, nullement incommodés si la coupe, à travers le décor oignon bleuté, prenait une couleur vert-de-gris peu ragoûtante. Nous préférons manger sur fond blanc. En ce qui nous concerne, nous. Les artistes, eux, sont d'un autre avis.