L’ornement moderne n’a ni parents, ni descendance, ni passé, ni avenir. Les aveugles d’entre nos contemporains, ceux pour qui la grandeur de notre époque est un livre fermé de sept sceaux, ont salué avec des cris de joie “l’art nouveau” que maintenant ils abominent ; ils se préparent à admirer quelque nouvel “art nouveau” dont la faveur ne sera pas moins éphémère.

À lire aussi de Adolf Loos

Aujourd'hui, la plupart des maisons ne plaisent qu'à deux personnes : le maître d'ouvrage et l'architecte.
Le costume folklorique est le symbole de la résignation.
Chaque époque avait son style, la nôtre serait la seule à qui en serait refusé un ? Par style, on entendait l'ornement. Alors, j'ai dit : ne pleurez pas ! Voyez, que notre époque ne soit pas en état de produire un nouvel ornement, c’est cela même qui fait sa grandeur. L'ornement, nous l’avons surmonté, nous sommes parvenus au stade du dépouillement.
L'évolution de la culture signifie suppression de l'ornement sur les objets d’usage courant.
Or il se trouve que la nature m'a octroyé un don précieux. Elle m'a fait dur d'oreille. Je peux donc rester assis au milieu de gens qui discutent et d ébattent, sans être condamné à entendre les bêtises qu'ils débitent. Et je suis mes propres pensées.
Toutes les citations de Adolf Loos →

Dans la même œuvre

Ne chercher la beauté que dans la forme, ne pas la faire dépendre de l’ornement, c’est là le but vers lequel tend l’humanité entière.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise. Comment fait-on cela ? On cherche quels bâtiments ont déjà été autrefois capables de susciter ces sentiments. C'est à eux qu'il faut se rattacher. Car toute sa vie, l'homme a prié dans certains espaces, bu dans certains espaces. Ce sentiment lui est inculqué, il n'est pas inné. En toute logique, l'architecte qui prend véritablement son art au sérieux doit tenir compte de ces sentiments inculqués.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise.
L'architecte ne crée pas seulement pour son temps, la postérité devra aussi avoir droit à jouir de son oeuvre.
Mais un édifice dont tous les détails, jusqu'aux moindres cadres de serrures, sortent d'une seule et même tête pers toute fraîcheur et devient ennuyeux.