Sauf durant les seize premières années de sa vie, où la religiosité, dans un milieu chrétien, était inévitable, M. l'abbé de Pradts n'avait jamais cru en Dieu. Son esprit n'avait pas besoin d'un Dieu ; son coeur n'avait pas besoin d'un Dieu. Le surnaturel était un monde qui lui était aussi fermé que celui des sciences, par exemple, ou celui de l'économie politique : le naturel le comblait largement. Selon lui, les hommes avaient inventé Dieu, parce que la grande majorité en avait besoin, de tête ou de coeur ; ce besoin était, selon lui, une des caractéristiques les plus communes de la faiblesse humaine. Ensuite ils avaient travaillé sans répit tant pour donner un sens à cette invention, que pour lui donner du prestige, afin de n'avoir pas honte d'elle, qui avouait si cruellement leur débilité. Comme ils étaient capables, toujours, du meilleur et du pire, ils avaient construit sur cette idée de Dieu, chacun dans son pays et dans son époque, un système plein de beautés et d'absurdités, en partie admirable, en partie risible, en partie odieux, duquel ils tiraient toutes sortes d'actes allant eux aussi de l'admirable à l'odieux, en passant par le risible. De ces édifices construits sur des nuées, le plus important était sans doute le catholicisme. Telles étaient les vues de M. l'abbé de Pradts, qui ne prétendaient ni à l'originalité ni à la profondeur.
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La haine de la femme qui fait la soupe, contre la femme qui fait l'amour.
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L'amour est gâché non seulement par le mariage, mais par la seule possibilité du mariage. Le spectre du mariage, agitant ses chaînes - les chaînes du mariage, il va sans dire ! - empoisonne tout amour avec une jeune fille.
Presque toute vie d'homme est corrompue par le besoin qu'il a de justifier son existence. Les femmes sont moins sujettes à cette infirmité.
On dirait quelqu'un qui a oublié de se faire enterrer.
Nos routes sont rendues meurtrières par la hantise stupide du dépassement.
Dans la même œuvre
Ce grand ressort méconnu de tant de conduites humaines, le désoeuvrement.
Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable: son enfance et son agonie.
Il y a une pente de catholiques à croire et à vouloir faire croire que les incroyants sont malheureux.
Je n'imagine pas le génie sans courage.
La liberté existe toujours. Il suffit d'en payer le prix.