L'âme un linge frais de soleil, amoureusement plié.

À lire aussi de Christian Bobin

Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu'elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos yeux.
Légèreté de l'oiseau qui n'a pas besoin pour chanter de posséder la forêt, pas même un seul arbre.
... ce mélange de vouloir instruire et mépriser à la fois qui est si fréquent chez les intellectuels: on parle à quelqu'un qui est à un mètre de soi et on est envoyé à des années-lumières.
... la musique rend bête, incomparablement. Elle enlève l'âme de la bouche. Elle se produit dans un temps blanchi, dévasté. Elle danse sur notre disposition, elle donne ses fêtes pour le jour où nous n'y sommes plus.
Les livres d'hier étaient en peau. La Bible est le seul livre d'air - un déluge d'encre et de vent.
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Dans la même œuvre

Je vois le vide qu'il y a entre les hommes, plus grand que celui qui sépare une étoile d'une autre étoile. Chacun travaille, travaille, travaille à son sombre intérêt et ceux qui n'y travaillent pas sont broyés.
Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir.
Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l'éternel que nous ne savons plus.
Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel.
La vraie lumière ne vient que par illuminations, explosions intérieures, non décidables.