L'intelligence de l'histoire implique, il me semble, que nous acceptions que les véritables changements aient quelque chose de nécessairement invisible.

À lire aussi de Alain Raymond, dit Alain Damasio

La mort est un face-à-face. Un face-à-face avec un trou.
Oui, si je ne tente rien, ça ne m’intéresse pas. Ça perd son sens, si l’on se répète ou utilise des techniques qu’on maîtrise déjà. Toujours écrire à la pointe de qu’on ne sait pas encore écrire. J’adore cette phrase de Duras qui dit : « On écrit pour savoir quel livre on écrirait si l’on écrivait ». Et elle ajoute : « On ne le sait jamais avant ». On peut toujours annoncer, comme ici, « je vais faire ceci, cela », ça ne reste que des lignes et des espoirs. Le vrai livre se fait toujours dans le dos de l’écrivain, avec beaucoup de patience, de travail, de rage et de chair.
On peut couper en deux un arbre qui a fait pousser ses bourgeons et ses feuilles deux cent cinquante printemps de suite avec une tronçonneuse à essence et en huit minutes. On peut abattre un jaguar qui court à 90 km/h dans une savane en un dixième de seconde et avec une seule balle. Qu'est-ce que ça prouve de nous ? Qu'on sait stopper le mouvement ? Qu'à défaut d'être vivants, nous voudrions nous prouver qu'on sait donner la mort ?
Réfléchir, c'est fléchir deux fois.
Le monde a une réalité. C'est d'elle qu'il faut partir, non d'un modèle idéal qu'il s'agirait d'approcher au plus près. Le monde est. Le monde est ce qu'il est. Peu importe ce qu'il pourrait être, ce qu'il aurait pu devenir, ce qu'il sera si...
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Dans la même œuvre

Papa ! C'est fou la force de ce mot. C'est un coup de feu à bout portant avec une balle d'amour dans la bouche. Ça te dit que tu existes comme tu n'as jamais existé pour personne. C'est un appel qui happe le présent pur, il t'avale.
Un réseau social est un tissu de solitudes reliées.
Les enfants ne marchent pas, jamais : ils courent. Et si vous les regardez vraiment, ils ont tellement de sève ascendante en eux, ils sont tellement et animaux et buissons à la fois, et pierre en éruption qu'ils ne courent pas sans bondir en même temps, comme si leur propre pied était trop impétueux pour ne pas les enlever du sol. Si la gravité n'existait pas, en tous les sens du terme, on attacherait nos gosses avec des ficelles pour ne pas aller les chercher chaque soir dans le ciel.
La mort est un face-à-face. Un face-à-face avec un trou.
On peut couper en deux un arbre qui a fait pousser ses bourgeons et ses feuilles deux cent cinquante printemps de suite avec une tronçonneuse à essence et en huit minutes. On peut abattre un jaguar qui court à 90 km/h dans une savane en un dixième de seconde et avec une seule balle. Qu'est-ce que ça prouve de nous ? Qu'on sait stopper le mouvement ? Qu'à défaut d'être vivants, nous voudrions nous prouver qu'on sait donner la mort ?