Quand on ne peut pas gouverner un peuple avec des idées vraies, il faut bien se résigner à le gouverner avec des idées tenues pour vraies.
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L'individu en foule acquiert, par le fait seul du nombre, un sentiment de puissance invincible qui lui permet de céder à des instincts que, seul, il eût forcément refrénés. Il sera d'autant moins porté à les refréner que, la foule étant anonyme, et par conséquent irresponsable, le sentiment de la responsabilité, qui retient toujours les individus, disparaît entièrement.
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Le monde moderne ressemble à une immense ménagerie dont toutes les cages auraient les portes ouvertes.
La démocratie a deux excès à éviter : l'esprit d'égalité extrême, qui la conduit au despotisme d'un seul, et le despotisme d'un seul qui finit par la guerre.
Se révolter ou s'adapter, il n'y a guère d'autre choix dans la vie.
L'amitié est plus souvent une porte de sortie qu'une porte d'entrée de l'amour.
Dans la même œuvre
Connaître l'art d'impressionner l'imagination des foules c'est connaître l'art de les gouverner.
Les civilisations n'ont été créées et guidées jusqu'ici que par une petite aristocratie intellectuelle, jamais par les foules. Les foules n'ont de puissance que pour détruire. Leur domination représente toujours une phase de barbarie.
Quand l'édifice d'une civilisation est vermoulu, ce sont toujours les foules qui en amènent l'écroulement. C'est alors qu'apparaît leur principal rôle, et que, pour un instant, la philosophie du nombre semble la seule philosophie de l'histoire.
Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit, qui s'accumule.
Ce n'est pas le besoin de la liberté, mais celui de la servitude qui domine toujours dans l'âme des foules. Elles ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître.