Tous les bébés naissent en temps de guerre et dans des villes en ruine. Sitôt qu'on naît, on reçoit les éboulis de la vie.
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Je vois parfois des choses si belles que je me réjouis de ne pas les posséder.
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Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître.
Les écureuils, dit-on, amassent leur nourriture dans des cachettes qu'ensuite ils ne savent plus retrouver. Un tel oubli me semble lumineux et mystérieusement sage.
La douceur de vivre est l'avancée d'une vie éternelle dans la vie aujourd'hui.
L'amour ne vient que par grâce et sans tenir aucun compte de ce que nous sommes.
Dans la même œuvre
J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite.
Un grand musicien est quelqu'un qui donne après plusieurs années de travail ce que donne le rossignol au premier jet de son chant. Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue.
Les livres sont des huttes pour les âmes, des mangeoires pour les oiseaux de l'éternel, des points de résistance. Je tends une main de papier à des êtres invisibles.
J'ai dans la poche un exemplaire des Pensées de Pascal. J'emporte parfois ce livre en cas d'attente, de famine ou de guerre trop longue quelque part.
La beauté est de la digitaline pour le coeur.