La beauté est de la digitaline pour le coeur.

À lire aussi de Christian Bobin

Il nous manque d'aller dans notre vie comme si nous n'y étions plus ...
Lire, sommeiller, marcher, ne penser à rien, laisser les lumières du ciel pâlir sur la tapisserie des murs.
Avec un peu de patience, j'aurais fait un assez bon idiot du village. C'est un métier que plus personne n'exerce : trop difficile sans doute. Il est plus aisé de devenir médecin, ingénieur ou même écrivain. Plus aisé et gratifiant aux yeux du monde.
Tout ce qu'on fait en soupirant est taché de néant.
Les mots sont comme les gens. Leur manière de venir à nous en dit long sur leurs intentions.
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Dans la même œuvre

J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite.
Un grand musicien est quelqu'un qui donne après plusieurs années de travail ce que donne le rossignol au premier jet de son chant. Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue.
Les livres sont des huttes pour les âmes, des mangeoires pour les oiseaux de l'éternel, des points de résistance. Je tends une main de papier à des êtres invisibles.
J'ai dans la poche un exemplaire des Pensées de Pascal. J'emporte parfois ce livre en cas d'attente, de famine ou de guerre trop longue quelque part.
La mort n'éteint pas la musique, n'éteint pas les roses, n'éteint pas les livres, n'éteint rien.