Ne pas écrire me fait souffrir...
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Je ne possède pas le don de la concision, puisque je mets dix ans pour donner vie à un gros roman.
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Le temps, et les projections répétées ont empreint le souvenir d'une menace que ne possédait pas l'original. J'ai vu des choses se passer très calmement - sans peur, sans pitié, sans rien sauf une sorte de curiosité médusée - de sorte que l'impression de cet événement est gravée de façon indélébile sur mon nerf optique, mais curieusement absente de mon coeur.
J'ai tendance à approfondir un sujet au lieu de le traiter de façon superficielle, parce que mon écriture doit apporter quelque chose à la matière que j'explore. Écrire, c'est aussi plonger en soi, mais, étant de nature introspective, ça ne me demande pas trop d'effort.
Je pense que l'existence est une catastrophe en soi, vu que ça finit mal pour nous tous. Telle est, hélas, notre condition humaine. Même si l'on se protège ou qu'on semble heureux, le drame peut frapper à n'importe quel moment. Nul n'y échappe ; c'est précisément cela qui m'intéresse dans le prix que doit payer l'être humain.
C'était pathétique aujourd'hui, de songer à l'impatience avec laquelle il avait attendu sa libération, comptant les jours qui le séparaient de son retour à la maison, parce qu'il n'avait pas compris alors (et il valait mieux l'ignorer) qu'une fois qu'on était en prison, on n'en sortait plus jamais. Les gens vous traitaient comme quelqu'un de différent; vous tendiez à récidiver, de la même façon que les personnes touchées par la malaria ou l'alcoolisme tendaient à rechuter. La seule façon de s'en sortir était de partir dans un endroit où personne ne vous connaissait ni vous, ni votre famille, et d'essayer de repartir de zéro.
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J'ai tendance à approfondir un sujet au lieu de le traiter de façon superficielle, parce que mon écriture doit apporter quelque chose à la matière que j'explore. Écrire, c'est aussi plonger en soi, mais, étant de nature introspective, ça ne me demande pas trop d'effort.
Ne pas écrire me fait souffrir...
Difficile de philosopher dans un roman sans paraître ennuyeux, alors mieux vaut distiller les grandes idées avec subtilité. Les livres ont le pouvoir de nous modifier de l'intérieur, c'est pourquoi ils représentent un danger. Certains sont brûlés parce qu'ils peuvent changer nos idées et influencer les êtres humains que nous sommes.
Enfant, j'observais et j'écoutais déjà tout. Chacun incarne un mystère, même les êtres qui nous sont le plus chers. On ne connaît jamais personne, tant le visage qu'on présente au monde diffère de celui qu'on est à l'intérieur.
Ce qui m'intéresse dans mon travail romanesque, c'est ce paradoxe entre une personne qui peut sembler attirante, alors qu'elle est plus sombre qu'on imagine. L'inverse est tout aussi vrai, puisqu'un être étrange peut cacher des trésors. Pas étonnant que le «trompe-l'oeil» ne s'applique pas aux autres sens !