Difficile de philosopher dans un roman sans paraître ennuyeux, alors mieux vaut distiller les grandes idées avec subtilité. Les livres ont le pouvoir de nous modifier de l'intérieur, c'est pourquoi ils représentent un danger. Certains sont brûlés parce qu'ils peuvent changer nos idées et influencer les êtres humains que nous sommes.

À lire aussi de Donna Tartt

Il n'y a rien de mal à aimer la Beauté. Mais la Beauté - à moins d'être alliée à quelque chose de plus profond - est toujours superficielle.
La jeunesse m'interpelle, car tout semble flottant et changeant pendant ce passage. Il est possible de faire des erreurs qui ruineront le reste de notre existence. Un jeune n'a pas la maturité de comprendre les ramifications qu'engendrent ses décisions.
Il n'avait pas compris alors (et il valait mieux l'ignorer) qu'une fois qu'on était en prison, on n'en sortait plus jamais. Les gens vous traitaient comme quelqu'un de différent; vous tendiez à récidiver, de la même façon que les personnes touchées par la malaria ou l'alcoolisme tendaient à rechuter. La seule façon de s'en sortir était de partir dans un endroit où personne ne vous connaissait ni vous, ni votre famille, et d'essayer de repartir de zéro.
Je regarde les visages inexpressifs des autres passagers qui soulèvent leurs porte-documents, leurs sacs à dos, et traînent des pieds pour débarquer et je pense à ce qu’a dit Hobie : la beauté modifie le grain de la réalité. Je continue aussi de penser à la sagesse plus conventionnelle : à savoir que la poursuite de la beauté pure est un piège, une voie rapide menant à l’amertume et au chagrin, parce que la beauté doit être associée à quelque chose de plus profond.
Nous allons tous mourir, mais cette sombre pensée ne doit pas nous empêcher d'exister dans la joie. Les tableaux et les livres vivent grâce à la vie que nous leur insufflons.
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J'ai tendance à approfondir un sujet au lieu de le traiter de façon superficielle, parce que mon écriture doit apporter quelque chose à la matière que j'explore. Écrire, c'est aussi plonger en soi, mais, étant de nature introspective, ça ne me demande pas trop d'effort.
Ne pas écrire me fait souffrir...
Je ne possède pas le don de la concision, puisque je mets dix ans pour donner vie à un gros roman.
Enfant, j'observais et j'écoutais déjà tout. Chacun incarne un mystère, même les êtres qui nous sont le plus chers. On ne connaît jamais personne, tant le visage qu'on présente au monde diffère de celui qu'on est à l'intérieur.
Ce qui m'intéresse dans mon travail romanesque, c'est ce paradoxe entre une personne qui peut sembler attirante, alors qu'elle est plus sombre qu'on imagine. L'inverse est tout aussi vrai, puisqu'un être étrange peut cacher des trésors. Pas étonnant que le «trompe-l'oeil» ne s'applique pas aux autres sens !