Le temps, et les projections répétées ont empreint le souvenir d'une menace que ne possédait pas l'original. J'ai vu des choses se passer très calmement - sans peur, sans pitié, sans rien sauf une sorte de curiosité médusée - de sorte que l'impression de cet événement est gravée de façon indélébile sur mon nerf optique, mais curieusement absente de mon coeur.

À lire aussi de Donna Tartt

Nous allons tous mourir, mais cette sombre pensée ne doit pas nous empêcher d'exister dans la joie. Les tableaux et les livres vivent grâce à la vie que nous leur insufflons.
C'est une gloire et un privilège d'aimer ce que la mort n'atteint pas.
Il n'y a rien de mal à aimer la Beauté. Mais la Beauté - à moins d'être alliée à quelque chose de plus profond - est toujours superficielle.
Entre la réalité d'un côté et le point où l'esprit la heurte de l'autre, il y a une zone intermédiaire, un liseré irisé où la beauté vient au mondé où deux surfaces très différentes se mêlent en une masse indistincte pour offrir ce sue n'offre pas la vie , et c'est l'espace où tout l'art existe, et toute la magie..
Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles. C’est une idée très grecque, et très profonde. La beauté c’est la terreur. Ce que nous appelons beau nous fait frémir. Et que pouvait-il y avoir de plus terrifiant et de plus beau, pour des âmes comme celles des Grecs ou les nôtres, que de perdre tout contrôle ? Rejeter un instant les chaînes de l’existence, briser l’accident de notre être mortel ?
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Dans la même œuvre

Nous n'aimons pas le reconnaître mais l'idée de perdre contrôle est quelque chose qui fascine plus que tout...
Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles. C’est une idée très grecque, et très profonde. La beauté c’est la terreur. Ce que nous appelons beau nous fait frémir. Et que pouvait-il y avoir de plus terrifiant et de plus beau, pour des âmes comme celles des Grecs ou les nôtres, que de perdre tout contrôle ? Rejeter un instant les chaînes de l’existence, briser l’accident de notre être mortel ?
Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. D’autres encore – nues, grésillantes, d’une horreur indélébile – sont trop terribles pour être admises. Ce n’est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension ; quand les cendres sont froides, que les affligés se sont retirés, qu’on regarde autour de soi pour se retrouver – à sa grande surprise – dans un monde entièrement différent.
Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. D’autres encore – nues, grésillantes, d’une horreur indélébile – sont trop terribles pour être admises.
Tout acte, dans la plénitude du temps, sombre dans le néant.