Je me plais avec les mots. Depuis mon premier roman, je cherche le vocabulaire juste. Même si la trame est romanesque, il me semble indispensable de retrouver le ton et les mots de l’époque. Et puis, je suis un écrivain populaire. Je souhaite redonner à la littérature française son jus, qui nous vient de Rabelais.

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Très tôt, j'ai sauté dans le vide. Très vite, j'ai su que désobéir, c'était chercher. A ma façon, j'ai caressé le monde ! J'ai ri. J'ai bu. J'ai joué du violon. J'ai connu des passions funestes. Mais pas que ça. Il faut que ça se sache... J'ai souvent pris la mauvaise porte. J'ai vécu l'instant délicieux du danger, la cruauté du désir, la jalousie, la vengeance et l'envie de devenir un salaud absolu. Inutile, n'est-ce pas, d'ajouter le remords au regret. Là-dessus, pour le moment, je me tais.
J’ai compris pourquoi nous faisons pleurer les violons. Nous sommes un peuple du soleil et si nous sommes venus jusque dans les brumes, c’est seulement pour chercher refuge et nourriture.
La santé c'est une chose. Mais la perte de l'amour, c'est de la gangrène à l'état ras. Un mal pernicieux qui ne se lit pas sur la feuille de température, un truc qui hurle pendant des semaines. Qui se mesure à l'humeur. Parce que dès que vous êtes seul, vous morflez. Dès que vous fermez les paupières, vous repensez à votre histoire d'amour prise dans les glaces.
Jamais les arbres ne ramassent leurs feuilles, savait Bazelle. Automne après automne, elle sentait s'alourdir le poids de ses hanches et tandis que d'âge en âge son esprit ressassait, elle se persuadait qu'à trop oublier qui l'on est, on s'efface, on s'amenuise.
J'avais en tête un sacré proverbe eskimo. Une phrase sans bluff qui dit, écoutez bien, qu'à force d'espérer une fleur, on la fait naître.
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