L'amour doit être cueilli où il se trouve.
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Je m'arrête, saisie d'épouvante. Il y a des gens ici. Ils respirent la puanteur de leur propre fumier. Ils vivent baignés dans les insoutenables effluves de leur mort. C'est le cadavre que cela sent. Ne ferait-on pas tout, n'importe quoi, pour s'évader de cette fosse ? Il y a des gens ici. Leurs pieds s'engluent dans la chose visqueuse qui recouvre et asphyxie la terre. Leurs enfants ont le ventre rebondi, les membres rachitiques, les narines qui coulent, et la bouche qui avale. On déjoue la famine en absorbant ce qui sort de soi.
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À lire aussi de Léonora Miano
Je crois à l'authentique plaisir de vivre l'alternance de la mélancolie et de la joie, et je crois que la misère est une circonstance, non pas une sentence.
Sachons accueillir le jour quand il se présente, la nuit aussi.
Je viens de te donner toute l'aide que je peux, et tu es là en train de me faire la morale. Tu crois qu'on a les moyens d'en avoir, de la morale, dans ce pays ?
Le courage et le sens de l'honneur face à la défaite sont des victoires sur le plan spirituel.
Dans la même œuvre
Le bonheur va et vient. On ne peut pas l'emprisonner. C'est un grand voyageur.
Nous vivons tous avec des épines dans le corps. Il suffit de savoir comment se mouvoir, pour qu'elles n'atteignent jamais un organe vital.
La nuit tombée, ils compteront leurs maigres revenus et se sentiront floués, sans trop savoir par qui. Les lettrés diront que c'est la faute des autres, ceux qui vendent des armes et soutiennent les dictateurs. Les autres diront que c'est le sort, la malchance. Personne ne demandera si c'est parce qu'on a des armes qu'il faut s'entretuer.
La patine du temps ne peut suffire à conférer de la valeur à tous nos usages.
Les gens vivent les uns près des autres, mais pas ensemble. Ils s'épient, se jalousent passionnément et demeurent côte à côte par une habitude plus grégaire que solidaire.