Œuvre
La saison de l'ombre (2013)
Il n'est pas bon de fuir devant l'épreuve, au risque de devoir en affronter une plus accablante.
L'amour des mères pour leurs fils n'a que faire des astres pour trouver son chemin. Il est lui-même l'étoile.
Ce qui existe naturellement ne devient bon ou mauvais qu'au contact d'une volonté.
La nuit est faite pour le repos , mais elle n'est pas si tranquille . Il faut rester sur ses gardes .
Le rêve est un voyage en soi, hors de soi, dans la profondeur des choses et au-delà. Il n'est pas seulement un temps, mais aussi, un espace. Le lieu du dévoilement. Celui de l'illusion parfois, le monde invisible étant aussi peuplé d'entités maléfiques. On ne pose pas sa tête n'importe où, lorsque l'on s'apprête à faire un songe.
Si l'enfant s'est présenté de la mauvaise manière ou, pire, s'il est venu au monde sans vie, l'accoucheuse a séché les larmes des pères, apaisé les angoisses devant l'interminable série de sacrifices à effectuer pour conjurer le sort. C'est elle encore, qui a préparé le mélange d'herbes devant servir lorsque les parents du mort-né seraient scarifiés. Ici, on leur trace un symbole sur la peau, afin que la mort se souvienne qu'elle leur a déjà ravi un enfant.
Les aïeux ne sont pas hors de soi, mais en soi. Ils sont dans le roulement des tambours, dans la manière d'accommoder les mets, dans les croyances qui perdurent, se transmettent. Les ancêtres sont là. Ni le temps, ni l'espace ne leur sont des limites. Aussi résident-ils là où se trouve leur descendance.
Les humains ne sont pas des calebasses vides. Les ancêtres sont là. Ils planent au-dessus des corps qui s'enlacent. Ils chantent lorsque les amants crient à l'unissons. Ils attendent sur le seuil de la case où une femme est en travail. Ils sont dans le vagissement, dans le babil des nouveaux-nés. Les enfants grandissent, apprennent les mots de la terre, mais le lien avec les contrées de l'esprit demeure.
Les ancêtres sont là, et ils ne sont pas un enferment. Ils ont conçu un monde. Tel est leur legs le plus précieux: l'obligation d'inventer pour survivre.
Depuis sa fondation, la devise du clan dit : Je suis parce que nous sommes.
C'est d'être nommé qui fait exister ce qui vit.
Sachons accueillir le jour quand il se présente, la nuit aussi.
L'expérience démontre que la vérité est toujours plus complexe qu'il n'y paraît.
Révéler son nom à quelqu'un, c'est lui confier une part précieuse de soi-même, se dénuder devant lui.
Le rêve est un voyage en soi, hors de soi, dans la profondeur des choses et au-delà.
Le chagrin des mères n'est pas une souillure. Il est noble, tout particulièrement au sein de notre peuple, puisque c'est la maternité qui confère aux femmes un statut honorable. Nos hommes se félicitent d'épouser une femme ayant déjà enfanté. Ainsi, ils sont assurés de sa fertilité...
La bienséance interdit les épanchements. Il ne faut pas gémir sur le sort d'un enfant quand on a la chance d'en avoir d'autres, quand on peut encore en mettre au monde.
Les affrontements, au sein de cette communauté, consistaient en des rituels dénués de violence physique. Il s'agissait de joutes verbales, de luttes dansées, de jeux d'adresse intellectuelle.
Révéler son nom à quelqu'un, c'est lui confier une part précieuse de soi-même, se dénuder devant lui. Il suffit de murmurer le nom d'une personne lors de rituels pour l'attaquer à distance, l'exposer aux puissances maléfiques
L'instant dévolu au rêve s'aborde avec la solennité d'un rituel. Le rêve est un voyage en soi, hors de soi, dans la profondeur des choses et au-delà. Il n'est pas seulement un temps, mais aussi, un espace. Le lieu du dévoilement. Celui de l'illusion parfois, le monde invisible étant aussi peuplé d'entités maléfiques.
Je suis une vieille femme, à présent. Ce bouclier ne me sert plus à rien, mais il te protègera. Quiconque te voudra du mal tombera avant de t'avoir touchée. Toute arme créée ou lancée pour te détruire sera sans effet. Qu'il en soit ainsi, au nom puissant de Nyambe, créateur du ciel, de la terre et des abîmes.