Je me contentais de chercher son nom dans l'annuaire. Je pouvais le contempler sur une liste, cela suffisait à un bonheur fragile.
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Je garde la peur, à la fin de chaque mois, de ne pas avoir mes règles. Je la garderai pendant des années, pendant dix ans, jusqu'au moment où, enfin, arrivera un sentiment nouveau. Je ne veux plus de sang, je suis prête à avoir un enfant.
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À lire aussi de Colombe Schneck
Qui est-on, quand on apprend dès l'enfance que rien ne reste ? Qu'il faut toujours être prêt à tout perdre, même sa langue maternelle ? Rien, même les murs d'une maison, une liste de camarades de classe, des habitudes, des goûts, rien ne tient.
Tu m'as appris à aimer, tu as été mon professeur d'amour.
L’amour est une vérité nue.
J’ai avorté quand j’avais 17 ans. Dans mon livre à venir, Dix-sept ans, je raconte les circonstances de cet avortement. Cet enfant qui n’est pas né est resté comme un absent pendant très longtemps à côté de moi. Et d’un point de vue politique aussi, parce qu’on donnait pour la première fois une très grande liberté, douloureuse mais fondamentale, aux femmes. On a un peu oublié l’importance du combat de Simone Veil, la façon dont elle s’est battue contre son propre camp. Quand vous voyez les images aujourd’hui, elle est d’une dignité! C’est impressionnant.
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Ma mère prend soin d'enfants handicapés. Elle nous apprend à ne pas faire de différence entre eux, les enfants dont elle s'occupe, et nous, ses enfants. Elle a raison d'être aussi absente. Ils ont davantage besoin d'elle que nous.
Ma mère est féministe, comme la sienne avant elle. Elles se sont battues pour faire des études, pour travailler. Pour moi, féministe, cela ne veut rien dire. Je n'ai pas besoin de l'être. Tous ces slogans des années 70 me paraissent datés. Acquis. Le combat de ma mère me paraît achevé.
En 1971, l'avortement, cela voulait dire la prison pour les pauvres, l'Angleterre pour les riches.