J’ai avorté quand j’avais 17 ans. Dans mon livre à venir, Dix-sept ans, je raconte les circonstances de cet avortement. Cet enfant qui n’est pas né est resté comme un absent pendant très longtemps à côté de moi. Et d’un point de vue politique aussi, parce qu’on donnait pour la première fois une très grande liberté, douloureuse mais fondamentale, aux femmes. On a un peu oublié l’importance du combat de Simone Veil, la façon dont elle s’est battue contre son propre camp. Quand vous voyez les images aujourd’hui, elle est d’une dignité! C’est impressionnant.

À lire aussi de Colombe Schneck

La seule vérité est celle de nos corps l’un contre l’autre, nous embrassant et nous serrant, dans un murmure de paroles sans sens. L’amour est une vérité nue.
On fait des listes, c'est si facile de déshumaniser une personne. Un dentiste syrien devient un migrant, un adolescent tzigane, un petit voleur.
Ma mère est féministe, comme la sienne avant elle. Elles se sont battues pour faire des études, pour travailler. Pour moi, féministe, cela ne veut rien dire. Je n'ai pas besoin de l'être. Tous ces slogans des années 70 me paraissent datés. Acquis. Le combat de ma mère me paraît achevé.
On peut perdre ce qui est familier, ce qui vous appartient peut en un instant ne plus vous appartenir, toute chose est remplaçable sans regret, ce ne sont que des choses.
On lui a transmis les valeurs de la culture inca, la richesse n’est pas l’accumulation de biens, mais de liens à l’autre. Le riche est celui qui connaît le plus de monde.
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Dans la même œuvre

L’avortement n’est jamais banal et confortable. Ça vous hante toute votre vie. C’est quelque chose de douloureux.
J’ai aussi eu envie d’écrire Dix-sept ans après avoir lu une interview qu'Annie Ernaux avait donnée à L’Humanité l’an dernier, sur l’avortement clandestin qu’elle avait subi en 1964. Elle dit que si les femmes ne disent pas qu’elles ont avorté, elles prennent le risque que ce droit disparaisse. Les propos de la romancière m’ont marquée.