J'étais un enfant taiseux mais j'ai peut-être réussi à parler grâce à l'écoute que, enfin, je réalisais des adultes devant une histoire que je racontais qui n'était pas mon histoire, qui n'était pas un secret que j'avais envie de dire, qui n'était pas des questions que j'avais envie de poser. C'est quand assez petit à l'âge de neuf ans, je crois, j'ai fait du théâtre dans mon collège et que j'ai joué la comédie et que j'ai été émerveillé d'entendre les adultes se taire et écouter ce que je racontais. Et comme je racontais une histoire qui n'était pas mon histoire propre, intime et secrète, je me suis régalé.

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L'une des plus belles joies, c'est de découvrir.
Vous savez, passer son temps à bouleverser - ou à s’amuser à bouleverser - les autres, c’est une belle vie. Vous ne croyez pas ?
Je ne me suis pas laissé porter par la vie. Je n'étais pas l'artiste qui disait : Attendons que la bonne fée ou la muse se pose sur mon épaule ! J'ai eu la chance de passer à travers toutes les horreurs de l'existence en rencontrant des gens qui m'ont éveillé, enrichi, amusé, éduqué. .. Vous vous rendez compte de la chance que j'ai eue ? Cela dit, n'ayons pas peur des mots, cette chance, je l'ai beaucoup calculée.
J'exerce maintenant trois métiers. C’est merveilleux ! Je suis d’abord « acteur de théâtre » et « acteur de cinéma ». Ce sont deux activités différentes, même si elles se complètent. Au théâtre, l’acteur, une fois le spectacle présenté au public, est le roi, maître de son jeu et de la mise en scène. Il peut imposer sa personnalité. Au cinéma, l’acteur reste une marionnette manipulée par le réalisateur, fût-il prestigieux.
Parvenu à un certain âge, on vous épingle Lear comme une décoration. Je n’ai jamais aimé être décoré. Encore moins épinglé. C’est très beau, mais ça signifie la mort comme pour les papillons.
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Je ne sais toujours pas si c'est un métier, si c'est pas la farce d'un métier. Il faut être farceur pour être acteur, faut pas être solennel, faut pas se dire qu'on est créateur, c'est pas vrai. On est créateur à deux, au moins avec l'auteur et aussi avec le metteur en scène, ça fait trois et aussi avec le partenaire, ça fait quatre.
Les femmes incarnent l’espérance de vie, l'espérance de la séduction de la vie, pas seulement de la séduction vulgaire mais essentielle et admirable. Il y a maldonne dans la célébration que l'on fait à l'homme devant la femme soumise, esclave et faiseuse d'enfants ou faiseuse d'anges. Je crois que les femmes sont beaucoup plus responsables de l'existence et de la vie que les hommes.