J'avais 44 ans, la vie sociale d'un guéridon, une vie amoureuse frappée du syndrome de Guillain-Barré et je pratiquais avec application et rigueur un métier estimable mais pour lequel je n'étais pas fait.

À lire aussi de Jean-Paul Dubois

Les naissances, comme les morts d'ailleurs, ont l'étrange pouvoir de lubrifier les coeurs et d'effacer les ardoises surchargées du passé.
Quand il examinait longuement cette image, il lui arrivait d'entendre la voix de sa femme résonner dans sa mémoire. La voix était la première chose que l'on oubliait après le départ de quelqu'un.
Cet usage du monde change tellement vite que le temps d’une vie ne devient qu’un temps d’adaptation : j’ai le regard d’un imbécile qui a vu passer tout type de trains, et qui ne peut pas monter dedans car ça va trop vite. Pour m’adapter, je dois faire des efforts considérables, même de langue, qui change tellement vite – du verlan au franglais en passant par le merchandising.
J'ai commencé par écrire vite pour faire la course avec Boris Vian.
Que ce fût en famille ou dans l'exercice de son métier, j'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait chez mon père cette appétence à palper l'âme humaine et à la tripoter comme on joue avec de la pâte à modeler.
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Dans la même œuvre

Il ne faut jamais se tromper de vie. Il n'existe pas de marche arrière.
Chaque enfance fabrique ses légendes.
La médecine a perdu son âme depuis que pour prendre la fièvre on n'utilise plus de thermomètre anal.
Que ce fût en famille ou dans l'exercice de son métier, j'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait chez mon père cette appétence à palper l'âme humaine et à la tripoter comme on joue avec de la pâte à modeler.
Les moteurs humains démarrent parfois au moment où on ne les attend pas et il serait vain de se montrer trop regardant sur la nature du carburant qui alors les anime.