Écrire sur l’antisémitisme de l’extrême droite, des suprématismes blancs, des nazis, cela est acceptable, encouragé. Ceux sont vraiment des « méchants » que l’on peut accuser. Mais écrire que l’antisémitisme, comme le racisme est partout, chez les Blancs, chez les Noirs, chez les riches, chez les pauvres, chez les Juifs, chez les Musulmans, les Chrétiens, à droite et à gauche, ce n’est pas une histoire qui nous arrange, avec d’un côté les gentils, clairement identifiés, de l’autre, les méchants, eux aussi reconnaissables.
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J'ai essayé de me souvenir de la dernière fois qu'un homme m'avait fait un compliment auquel j'avais cru. Je n'ai pas pu. Trop lointain ou peu crédible. Il y avait bien quelqu'un. Peut-être qu'il ne mentait pas.
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Ma mère est féministe, comme la sienne avant elle. Elles se sont battues pour faire des études, pour travailler. Pour moi, féministe, cela ne veut rien dire. Je n'ai pas besoin de l'être. Tous ces slogans des années 70 me paraissent datés. Acquis. Le combat de ma mère me paraît achevé.
La joie d’écrire est aussi celle d'inventer son genre, sa méthode. Et dans toute vie, celle d’Esther par exemple, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.
J’ai avorté quand j’avais 17 ans. Dans mon livre à venir, Dix-sept ans, je raconte les circonstances de cet avortement. Cet enfant qui n’est pas né est resté comme un absent pendant très longtemps à côté de moi. Et d’un point de vue politique aussi, parce qu’on donnait pour la première fois une très grande liberté, douloureuse mais fondamentale, aux femmes. On a un peu oublié l’importance du combat de Simone Veil, la façon dont elle s’est battue contre son propre camp. Quand vous voyez les images aujourd’hui, elle est d’une dignité! C’est impressionnant.
Je n'ai plus peur que l'amour de l'autre ne se dérobe, puisqu'il se dérobe toujours.
Dans la même œuvre
Je t'aime et si tu ne m'aimes pas, je t'aime assez pour deux.
Je me contentais de chercher son nom dans l'annuaire. Je pouvais le contempler sur une liste, cela suffisait à un bonheur fragile.
Je crois exister quand je reçois une lettre, un bouquet de fleurs. L'amour, c'est une histoire à deux.
L'amour, c'est une histoire à deux.