Œuvre

Entretien Diacritik, 25 mai 2020

En 1991, je n’avais aucun doute que, comme jeune femme, j’étais l’égale des jeunes hommes, que j’aurais les mêmes chances qu’eux dans ma vie professionnelle, les mêmes droits. Bref que tout était enfin merveilleux, que notre âge était celui du triomphe de la Démocratie, de la Culture, que le féminisme était devenu inutile... Cette illusion va vite s’effondrer
Écrire sur l’antisémitisme de l’extrême droite, des suprématismes blancs, des nazis, cela est acceptable, encouragé. Ceux sont vraiment des « méchants » que l’on peut accuser. Mais écrire que l’antisémitisme, comme le racisme est partout, chez les Blancs, chez les Noirs, chez les riches, chez les pauvres, chez les Juifs, chez les Musulmans, les Chrétiens, à droite et à gauche, ce n’est pas une histoire qui nous arrange, avec d’un côté les gentils, clairement identifiés, de l’autre, les méchants, eux aussi reconnaissables.
La joie d’écrire est aussi celle d'inventer son genre, sa méthode. Et dans toute vie, celle d’Esther par exemple, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.
Dans toute vie, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.