Merci, papa, d'avoir laissé un espace vierge, dans lequel aujourd'hui encore je m'efforce de grandi
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J'ai dessiné, car mon père était incapable de dessiner, le seul domaine où il ne pouvait pas me juger !
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On n'y peut rien si l'on devine toujours les pensées de l'autre.
J'ai beaucoup aimé être orphelin. Cela m'a mis très tôt face au monde. Au moment où les autres connards attendaient encore que Dieu leur serve de petites roues au vélo, je tenais debout correctement, comme un adulte bizarre, de trois ans et demi.
L'enfance ne désigne pas un âge précis, mais une période formatrice de la vie. On peut décider qu'à 40 ou 50 ans un ouvrage déterminant va nous changer complètement. Lire un livre, c'est être disposé à changer d'avis. C'est pourquoi je soutiens que la catégorie de "littérature enfantine" n'a aucun sens. Il n'y a que des bons et des mauvais romans. Avec peut-être une différence : un enfant décroche de la lecture très facilement. Il faut donc lui proposer un roman qui ne lui donne aucune occasion de fermer son livre.
Je refuse d'être écrasé par la culpabilité de ne pouvoir trouver le temps de lire ou d'aller au bout des lectures que j'ai commencées. Je passe ma vie à acheter des œuvres que je ne lis pas, je tapisse mes murs de livres que je lirai un jour. C'est toujours ça de donné aux libraires.
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Il paraît que c'est ça, devenir adulte : le père meurt, on n'a plus d'autre ennemi que soi-même.
Bizarrement, je n'ai jamais rien attendu de mes éditeurs. J'entends par là que je ne cherche pas chez eux la grandeur paternelle
Merci, papa, d'avoir laissé un espace vierge, dans lequel aujourd'hui encore je m'efforce de grandi
On m'explique depuis quelque temps que le travail n'est pas une valeur de gauche et j'ai du mal à m'y faire. Si l'on aime les travailleurs, il faut bien se résoudre à avoir un minimum de bienveillance pour le travail
Il ne faut pas, sciemment, mentir à son gosse. Sinon ensuite il passe sa vie à raconter des histoires.