J'ai dessiné, car mon père était incapable de dessiner, le seul domaine où il ne pouvait pas me juger !
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Il paraît que c'est ça, devenir adulte : le père meurt, on n'a plus d'autre ennemi que soi-même.
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Pendant longtemps, j'ai pensé qu'il était superflu de faire un album contre le racisme. Il me semblait que c'était une évidence, qu'il ne fallait pas enfoncer les portes ouvertes. Les temps changent, semble-t-il. Tout a sans doute été dit, mais comme personne n'écoute, il faut recommencer.
Il n'y a rien de plus facile que de faire un livre intelligent pour les gens intelligents. En revanche, essayer de faire un texte intelligent qui s'adresse à tous, voilà le vrai défi !
La seule fois de ma vie où je me suis fait beaucoup d'ennemis sur Twitter, c'est quand j'ai eu le malheur de dire après un match de football : « Je rêve qu'un jour un livre suscite autant d'enthousiasme. » Je me suis fait immédiatement traiter de petit-bourgeois. Ce qui m'agace, c'est le présupposé selon lequel ceux qui préfèrent le foot sont forcément pauvres. Mais pour le prix d'un T-shirt du PSG, on peut s'acheter 15 livres de poche !
Le livre est l'objet fétichisme ultime : on tourne la page, comme si on soulevait une jupe, sauf que le dévoilement ne vient jamais. Lire, c'est dévoiler l'objet du désir pour s'apercevoir que le voile est toujours
Dans la même œuvre
J'ai dessiné, car mon père était incapable de dessiner, le seul domaine où il ne pouvait pas me juger !
Bizarrement, je n'ai jamais rien attendu de mes éditeurs. J'entends par là que je ne cherche pas chez eux la grandeur paternelle
Merci, papa, d'avoir laissé un espace vierge, dans lequel aujourd'hui encore je m'efforce de grandi
On m'explique depuis quelque temps que le travail n'est pas une valeur de gauche et j'ai du mal à m'y faire. Si l'on aime les travailleurs, il faut bien se résoudre à avoir un minimum de bienveillance pour le travail
Il ne faut pas, sciemment, mentir à son gosse. Sinon ensuite il passe sa vie à raconter des histoires.