Il ne faut pas, sciemment, mentir à son gosse. Sinon ensuite il passe sa vie à raconter des histoires.

À lire aussi de Joann Sfar

La seule fois de ma vie où je me suis fait beaucoup d'ennemis sur Twitter, c'est quand j'ai eu le malheur de dire après un match de football : « Je rêve qu'un jour un livre suscite autant d'enthousiasme. » Je me suis fait immédiatement traiter de petit-bourgeois. Ce qui m'agace, c'est le présupposé selon lequel ceux qui préfèrent le foot sont forcément pauvres. Mais pour le prix d'un T-shirt du PSG, on peut s'acheter 15 livres de poche !
Nous sommes lus par des lecteurs informés, spécialistes, à qui on ne peut plus ni faire la morale ni raconter des bobards. On ne peut plus faire croire que Tintin ce n'est pas Hergé
L'Occident a sans doute répandu pas mal de saloperies de par le monde. Mais les livres, dans leur pluralité, sont ce qui nous sauve de la sauvagerie
Je crois beaucoup plus aux vertus du rire qu'à celles du militantisme.
On l'aime un siècle après sa mort, l'homme qui vous dit vrai. Et celui qui par amour vous cache un morceau du monde, je veux dire papa, on l'aime tout autant, mais on met quarante ans à comprendre combien il avait peur, et combien c'est lui qui redoutait les mots.
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J'ai dessiné, car mon père était incapable de dessiner, le seul domaine où il ne pouvait pas me juger !
Il paraît que c'est ça, devenir adulte : le père meurt, on n'a plus d'autre ennemi que soi-même.
Bizarrement, je n'ai jamais rien attendu de mes éditeurs. J'entends par là que je ne cherche pas chez eux la grandeur paternelle
Merci, papa, d'avoir laissé un espace vierge, dans lequel aujourd'hui encore je m'efforce de grandi
On m'explique depuis quelque temps que le travail n'est pas une valeur de gauche et j'ai du mal à m'y faire. Si l'on aime les travailleurs, il faut bien se résoudre à avoir un minimum de bienveillance pour le travail