Il prend le temps de la regarder et ce regard n'est pas dur à soutenir comme tous ceux dont elle a l'habitude, ce regard est un abri qui l'enveloppe.

À lire aussi de Laurent Gaudé

Je ne pensais pas que la mort pouvait avoir le visage d'un gamin de dix-huit ans. Ce gamin-là, avec ses yeux clairs et son nez d'enfant, c'était ma mort.
L’herbe sera grasse et les arbres chargés de fruits… Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. L’Eldorado.
C'était la main sèche de la malchance qui condamne, depuis toujours, des générations entières à n'être que des culs-terreux qui vivent et crèvent sous le soleil, dans ce pays où les oliviers sont plus choyés que les hommes.
Tant que nous serons deux, la longue traîne de notre vie passée flottera dans notre dos. Tant que nous serons deux, tout sera bien.
En Italie il y a autant de voyages que de régions. On ne fait vraiment pas le même voyage selon l'endroit où l'on va et le sud est extrêmement dépaysant.
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Dans la même œuvre

Il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu'un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d'une petite existence.
La nature n'en peut plus de notre présence, de sentir qu'on la perce, la fouille et la salit sans cesse. Elle se tord et se contracte avec rage.
Je n'ai pas peur, moi, Joséphine Linc. Steelson, il n'y a plus rien à détruire en moi que ma volonté et cela personne ne l'entamera, car je suis faite de cela et de rien d'autre, un bloc noir de volonté qui ne fait que durcir avec le temps.
La tempête approche et elle sera pour eux, comme toujours, les miséreux aux vies usées, et pour eux seuls.
Qu'a-t-il, son enfant à elle, pour fuir ainsi les hommes et aimer le silence d'une ville qui se noie ? Qu'a-t-elle fait naître en lui de tordu, à force de doutes et de fatigue, pour qu'il contemple le monde avec un regard si circonspect ?