Alexandre et la mort vont rester face à face pour se jauger. Tout le monde quitte la salle, tête basse, sidéré de voir qu'un homme peut conserver, à l'instant de mourir, avec une telle force, le plein éclat du vivant.
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Qu'a-t-il, son enfant à elle, pour fuir ainsi les hommes et aimer le silence d'une ville qui se noie ? Qu'a-t-elle fait naître en lui de tordu, à force de doutes et de fatigue, pour qu'il contemple le monde avec un regard si circonspect ?
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À lire aussi de Laurent Gaudé
La nature n'en peut plus de notre présence, de sentir qu'on la perce, la fouille et la salit sans cesse. Elle se tord et se contracte avec rage.
Si on n'arrive pas à percer quand on se lève tous comme ça, si on ne passe pas quand on est des milliers à courir en gueulant, je me demande bien jusqu'où on reculera.
Il n'était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il est doux de n'être rien. Rien d'autre qu'un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l'Eldorado.
Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi... Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.
Dans la même œuvre
Il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu'un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d'une petite existence.
La nature n'en peut plus de notre présence, de sentir qu'on la perce, la fouille et la salit sans cesse. Elle se tord et se contracte avec rage.
Je n'ai pas peur, moi, Joséphine Linc. Steelson, il n'y a plus rien à détruire en moi que ma volonté et cela personne ne l'entamera, car je suis faite de cela et de rien d'autre, un bloc noir de volonté qui ne fait que durcir avec le temps.
La tempête approche et elle sera pour eux, comme toujours, les miséreux aux vies usées, et pour eux seuls.
Je croyais le monde dévasté, mais Vous me murmurez à l'oreille que ce n'est pas fini et que les hommes n'ont pas encore payé. Qu'ils périssent, Seigneur, s'ils Vous ont offensés.