Alexandre et la mort vont rester face à face pour se jauger. Tout le monde quitte la salle, tête basse, sidéré de voir qu'un homme peut conserver, à l'instant de mourir, avec une telle force, le plein éclat du vivant.

À lire aussi de Laurent Gaudé

C'est la dernière fois qu'il danse, il le sait mais il veut gagner chaque minute, et lorsque la douleur reviendra, que ce soit au coeur de la danse qu'elle le trouve.
La mort est là. En nous. Elle contamine tout. Nous l'avons au fond du ventre et elle n'en sortira plus.
Tire et tue. Plus que cette seule idée en tête. Sois rapide. Plus rapide que les autres. Tire et tue. Et ne fatigue jamais.
Si on n'arrive pas à percer quand on se lève tous comme ça, si on ne passe pas quand on est des milliers à courir en gueulant, je me demande bien jusqu'où on reculera.
Il n’était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il était doux de n’être rien. Rien d’autre qu’un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l’Eldorado.
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Dans la même œuvre

Il est une chose qui reste solide, aussi solide que la puissance des montagnes, c'est le chant des femmes endeuillées.
Tant que le cortège parcourt le monde, Alexandre est là et il tient encore l'Empire, par son absence mais c'est une façon de le tenir.
C'est la dernière fois qu'il danse, il le sait mais il veut gagner chaque minute, et lorsque la douleur reviendra, que ce soit au coeur de la danse qu'elle le trouve.
Elle se demande si elle va désormais passer sa vie sur les routes de l'Empire, accompagnant un cortège qui sera sans cesse pris et repris, volé, saccagé, jusqu'à ce que le nom d'Alexandre ne dise plus rien à personne et qu'elle puisse enfin être en paix.
Elle se souvient d'Héphaistion qui lui parlait de la beauté de l'Egypte : « Les hommes, là-bas », disait-il, « ont la beauté des chats, et le silence est vaste. »