Il est une chose qui reste solide, aussi solide que la puissance des montagnes, c'est le chant des femmes endeuillées.

À lire aussi de Laurent Gaudé

Il n’était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il était doux de n’être rien. Rien d’autre qu’un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l’Eldorado.
En Italie il y a autant de voyages que de régions. On ne fait vraiment pas le même voyage selon l'endroit où l'on va et le sud est extrêmement dépaysant.
La mort est là. En nous. Elle contamine tout. Nous l'avons au fond du ventre et elle n'en sortira plus.
Il fallait être vif. Ne pas penser. Ne pas faiblir. Percer et tirer sans cesse. Je n'ai plus vu personne. Corps à corps pour la vie. J'étais une bête et je ne me souviens plus. J'étais une bête et je n'oublierai jamais.
Ils étaient beaux de cette lumière que donne l'espoir au regard.
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Dans la même œuvre

Tant que le cortège parcourt le monde, Alexandre est là et il tient encore l'Empire, par son absence mais c'est une façon de le tenir.
C'est la dernière fois qu'il danse, il le sait mais il veut gagner chaque minute, et lorsque la douleur reviendra, que ce soit au coeur de la danse qu'elle le trouve.
Elle se demande si elle va désormais passer sa vie sur les routes de l'Empire, accompagnant un cortège qui sera sans cesse pris et repris, volé, saccagé, jusqu'à ce que le nom d'Alexandre ne dise plus rien à personne et qu'elle puisse enfin être en paix.
Alexandre et la mort vont rester face à face pour se jauger. Tout le monde quitte la salle, tête basse, sidéré de voir qu'un homme peut conserver, à l'instant de mourir, avec une telle force, le plein éclat du vivant.
Elle se souvient d'Héphaistion qui lui parlait de la beauté de l'Egypte : « Les hommes, là-bas », disait-il, « ont la beauté des chats, et le silence est vaste. »