Anna détestait les transports en commun. Elle considérait le métro comme la quintessence du malaise urbain. Un lieu de non-vie où s'expriment les facettes les plus sombres de l'être humain, de l'indifférence à la violence verbale ou physique. Anna avait toujours pensé que si Goethe avait été parisien, il aurait situé l'enfer de Dante sur la ligne
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Elle avait raison…Nous naissons seuls, nous mourrons seuls, mais au moins fallait-il essayer d'échanger un peu de chaleur pendant notre existence.
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Les gens sont des moutons, ils ont beau se plaindre, manifester, ronchonner leur mécontentement toute la journée, ils se plient toujours aux règles: une sorte de fatalité nécessaire pour conserver l'équilibre entre les forts et les faibles.
On a beau essayer d'oublier ses racines, ce sont elles qui vous nourrissent
Elle était seule dans les abysses, il n'y avait rien de plus froid que l'oubli.
La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir l'amortissement comme solution...
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La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir l'amortissement comme solution...
Personne ne l'avait compris, pas même lui. De cette période, il gardait un intense sentiment de « vide » et l'impression d'être allé visiter des zones de sa psyché dont les portes, bien que closes, suintaient un mal-être insupportable. Malgré plusieurs années de psychanalyse, personne n'avait jamais réussi à lui faire ouvrir les vannes de son désespoir, alors on s'était assuré qu'il les visse bien à fond, et pour le restant de ses jours.
Lorsque l'on aime un enfant, on le protège, même de lui-même.
La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir la mort comme unique solution…
Être grosse quand on est gamine c'est un peu comme se jeter dans une fosse aux lions avec des menottes: on a peu de chances d'en ressortir indemne. Alors elle avait morflé pendant des années, entre les boutades des garçons et les copines jamais avares en coups de surin dans les côtes flottantes