De ces premiers temps d'apprentissage j'ai retenu une leçon tout simple : les immeubles d'habitation ressemblent souvent aux gens qui les habitent et qui aiment qu'on leur ressemble.

À lire aussi de Jean-Paul Dubois

Le courage dont on fait preuve pour écrire est celui-là même qui nous fait défaut dans l'existence.
La détention allonge les jours, distend les nuits, étire les heures, donne au temps un consistance pâteuse, vaguement écoeurante . Chacun éprouve le sentiment de se mouvoir dans une boue épaisse où il faut s'extraire à chaque pas, bataillant pied à pied pour ne pas s'enliser dans le dégoût de soi-même. La prison nous ensevelit vivants.
Le temps libre que je cultive hors de l'écriture m'est précieux : quand je ne fais rien, je sais que mon cerveau scanne le moindre détail avec attention. Disposer de temps permet d'être attentif, de réfléchir aux choses essentielles de la vie, et le temps à perdre dans ces cas-là nous enrichit de manière considérable. Ne rien faire, c'est réparer, gagner une autonomie intellectuelle, manuelle, etc. C'est une forme d'indépendance de l'usage du monde, une arme fatale, qui change le rapport aux autres.
J'ai commencé par écrire vite pour faire la course avec Boris Vian.
Il n'y a ni événement absolu ni être providentiel. On est tous dans une sorte de vase à se débattre.
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Dans la même œuvre

Il y a une infinité de façons de gâcher sa vie.
Les gens qui travaillent s'ennuient quand ils ne travaillent pas. Les gens qui ne travaillent pas ne s'ennuient jamais.
La flatterie est comme l'ombre : elle ne vous rend ni plus grand ni plus petit.
J'aime la géographie des voyages, celle que l'on traverse à pied, à hauteur d'homme, instruit par les déclivités, la fatigue des jambes et le caprice des cieux. Beaucoup moins celle des livres enluminés de graphes et de data.
L'obtention de mon baccalauréat à l'âge de dix-huit ans ne se fit pas sans mal. Je ne dus mon salut qu'à une séance de repêchage où l'on dénombra un grand nombre de noyés.