Chaque siècle, disait-on, a eu son style : serons-nous seuls à n’avoir pas de style ?” On parlait de style, et on entendait l’ornement. Alors j’ai commencé ma prédication. J’ai dit aux affligés : “Consolez-vous. ouvrez les yeux, et voyez. Ce qui fait justement la grandeur de notre temps, c’est qu’il n’est plus capable d’inventer une ornementation nouvelle. Nous avons vaincu l’ornement : nous avons appris à nous en passer. Voici venir un siècle neuf où va se réaliser la plus belle des promesses. Bientôt les rues des murs resplendiront comme des grands murs tout blancs. La cité du XXè siècle sera éblouissante et nue, comme Sion, la ville sainte, la Capitale du ciel

À lire aussi de Adolf Loos

Il y a des prisons où quatre-vingts pour cent des détenus présentent des tatouages. Les tatoués qui ne se trouvent pas en prison sont des criminels latents ou des aristocrates dégénéras. Quand un tatoué meurt en liberté, c’est qu'il est mort quelques années avant d’avoir commis un meurtre.
Ce travail de pure décoration a représenté, de tout temps, une dilapidation de la santé et de l’énergie humaine. De nos jours, il représente en outre une dilapidation de matières premières. Aucun avantage, aucun besoin ne justifie plus cette double destruction de richesse. L’ornement n’étant plus rattaché à notre culture par aucun lien organique, a cessé d’être un moyen d’expression de notre culture. L’ornement qu’on fabrique aujourd’hui n’est plus le produit vivant d’une société et d’une tradition ; c’est une plante sans racines, incapable de se développer et de se reproduire.
La pulsion qui pousse quelqu’un à ornementer son visage et tout ce qui peut s'atteindre est le tout premier commencement des arts plastiques. C'est le balbutiement de la peinture.
Chaque matériau a son propre langage formel, et aucun ne peut parler une langue étrangère. Car les formes se sont élaborées à partir des possibilités d'utilisation et du mode d'obtention de chaque matériau. Elles sont apparues avec le matériau et par le matériau.
La pulsion qui pousse quelqu'un à ornementer son visage et tout ce qui peut s'atteindre est le tout premier commencement des arts plastiques. C'est le balbutiement de la peinture. Tout art est érotique.
Toutes les citations de Adolf Loos →

Dans la même œuvre

Ne chercher la beauté que dans la forme, ne pas la faire dépendre de l’ornement, c’est là le but vers lequel tend l’humanité entière.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise. Comment fait-on cela ? On cherche quels bâtiments ont déjà été autrefois capables de susciter ces sentiments. C'est à eux qu'il faut se rattacher. Car toute sa vie, l'homme a prié dans certains espaces, bu dans certains espaces. Ce sentiment lui est inculqué, il n'est pas inné. En toute logique, l'architecte qui prend véritablement son art au sérieux doit tenir compte de ces sentiments inculqués.
Que veut donc l'architecture au juste ? Il veut, en s'aidant de matériaux, susciter en l'homme des sentiments qui à proprement parler ne font pas encore partie intrinsèque de ces matériaux. Il bâtit une église. Les gens doivent être incités au recueillement. Il construit un bar. Les gens doivent s'y sentir à l'aise.
L'architecte ne crée pas seulement pour son temps, la postérité devra aussi avoir droit à jouir de son oeuvre.
Mais un édifice dont tous les détails, jusqu'aux moindres cadres de serrures, sortent d'une seule et même tête pers toute fraîcheur et devient ennuyeux.