Bien avant d'être une manière d'écrire, la poésie est une façon d'orienter sa vie, de la tourner vers le soleil levant de l'invisible.

À lire aussi de Christian Bobin

D'ailleurs, il n'y a pas de saint, il n'y a que de la sainteté. La sainteté c'est la joie. Elle est le fond de tout.
Le bonheur c'est l'absence, c'est d'être enfin absente à soi, rendue à toutes choses alentour.
Si nous privilégions notre propre apparence, si nous nous prenons nous-même comme objet de contemplation ou de souci, nous nous condamnons à ne presque rien voir du monde et à en aimer très peu.
Avec le regard simple, revient la force pure.
La vraie littérature m'apparaît comme un village dans la nuit. Un village qu'on apercevrait d'un chemin de campagne surélevé. Il y a des feux qu'on voit briller, certaines maisons sont éclairées.
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Dans la même œuvre

Il n'y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu'un qui voit le même monde que nous. C'est apprendre que l'on n'était pas fou.
Aucun lien ne demeure immobile, pas même celui que nous nouons avec les morts.
Le néant et l'amour sont de la même race terrible. Notre âme est le lieu de leur empoignade indécise.
Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare. La substance inaltérable de l'amour est l'intelligence partagée de la vie.
La tyrannie du visible fait de nous des aveugles. L'éclat du verbe perce la nuit du monde.