Auteur

Yasunari Kawabata

Mourir, c'est refuser toute compréhension, et pour toujours, de la part des autres.
Je suis attiré par la beauté malpropre.
La beauté atteinte par les seins de la femme n'était-elle point la gloire la plus resplendissante de l'évolution de l'humanité?
La vie conjugale est un affreux marécage qui finit par engloutir les mauvaises actions de l'un ou de l'autre.
Au vieil homme la mort, au jeune homme l'amour, la mort une seule fois, l'amour je ne sais combien de fois !
Je voudrais me débarrasser de mes mains. Abolir le toucher. Dans un tel état d'esprit, vous rencontrer me serait insupportable. Car d'un souffle, vous éteindriez sans doute ce feu qui me brûle.
Je dois reconnaître que, même en Orient, un Confucius rejette l'au-delà, en disant : J'ignore tout de la vie, que saurais-je de la mort ?
A une époque où les cas de névrose augmentent de façon spectaculaire, il semble bien que l'énergie des fous dépasse de loin celle des gens de lettres. Et je me dis que pour ne pas être en reste, il faut que je devienne au moins aussi fou qu'eux.
Le bonheur, se dit-il, n'est peut-être que dans l'instant qui fuit.
Elle porta son regard vers le ciel, qui avait la pureté d'un cristal. Au loin, sur les montagnes, la neige avait une tonalité crémeuse et tendre et se voilait, eût-on dit, d'une mousseline de fumée.
- À quel âge un écrivain peut-il bien prendre sa retraite ? - \r\n- Pas avant le jour de sa mort !
Penses-tu qu'il te faille mourir en pleine jeunesse simplement parce que tu as servi de modèle, jeune fille, à un chef-d'oeuvre ? Nous aurions tort de trop demander à nos modèles !
Le temps avait passé. Cependant, ne s'écoulait-il pas différemment pour chacun, en empruntant des voies diverses? Pareil à un fleuve, le temps pour l'homme parfois s'écoulait rapidement, parfois selon un rythme plus lent. Il lui arrivait aussi de ne plus s'écouler du tout et de rester là à stagner.
Si le temps cosmique s'écoule à la même vitesse pour tous les hommes, le temps humain, lui, varie selon chacun. Le temps s'écoule pareillement pour tous les êtres humains, mais chaque homme se meut en lui selon un rythme qui lui est propre.
Si le temps cosmique s'écoule à la même vitesse pour tous les hommes, le temps humain, lui, varie selon chacun.
Le temps s'écoule pareillement pour tous les êtres humains, mais chaque homme se meut en lui selon un rythme qui lui est propre.
Un jour qu'elle écrivait une lettre, Otoko ouvrit le dictionnaire et son regard tomba sur le caractère chinois signifiant « penser ». Tandis qu'elle lisait des yeux les autres sens de ce caractère, qui peut vouloir dire également « penser beaucoup à quelqu'un », « ne pouvoir oublier » ou encore « être triste », son cœur se serra. Il ne lui était même plus possible de consulter un dictionnaire ; là encore, elle retrouvait Oki.
D'innombrables mots la faisaient penser à lui. Pour Otoko, rattacher tout ce qu'elle voyait et tout ce qu'elle entendait à Oki n'était rien de moins que vivre. Si elle avait encore quelque conscience de son corps, c'était bien parce que Oki l'avait étreint et l'avait aimé.
C'est du coucher du soleil aux premières lueurs de l'aube, installé au bord de la rivière en mangeant et en buvant du saké, qu'il faut jouir de la fraîcheur du soir.
La jalousie est le lot de toutes les femmes. N'ai-je pas appris à mes dépens, et depuis longtemps, que c'était un remède amer et dangereux, un poison en somme ?
La jalousie est le lot de toutes les femmes.
Pourquoi ne ferais-tu pas ton autoportrait ? - \r\n- Moi ? Cela ne serait pas très ressemblant. Le portrait risquerait de dévoiler toutes les laideurs de mon âme et je finirais probablement par le prendre en horreur. Ou bien, si je me peins de façon réaliste, les gens trouveront certainement que j'ai une trop haute opinion de moi-même.

Œuvres de Yasunari Kawabata

Autobiographie littéraireKawabata-Mishima, correspondance 1945-1970 (2000)La Danseuse d'Izu (1973)Le Grondement de la montagne (1969)Les belles endormiesLes belles endormies (1970)Nuée d'oiseaux blancs (1952)Pays de neige (1960)Tristesse et Beauté (1964)