Moi aussi, les Piérides, m'ont fait poète.
Greffe tes poiriers, Daphnis; tes petits-fils cueilleront tes fruits.
Le temps emporte tout; l'esprit comme le reste.
Nous ne chantons pas pour des sourds; à tout, les bois font écho.
Tous nos efforts ne sauraient changer l'Amour. En vain nous irions, au plus fort de l'hiver, boire les eaux glacées de l'Hèbre ; en vain nous affronterions les neiges et les pluies de la Thrace ; en vain dans la saison où l'écorce meurt desséchée sur l'ormeau, nous ferions paître sous le brûlant Cancer les troupeaux d'Éthiopie: l'Amour triomphe de tout ; nous aussi, cédons à l'Amour !
Deucalion a lancé sur la terre vide des pierres d'où sont nés les hommes, une race dure.
Un travail infatigable vint à bout de tout.
Des fantômes étrangement pâles parurent dans l'obscurité et des troupeaux parlèrent : horreur !
Salut, mère superbe des moissons, terre de Saturne, mère superbe des guerriers.
Trop heureux les paysans s'ils connaisaient leur bonheur !
Il fuit, le temps, et sans retour.
La nuque tendue, ils traînent les chariots grinçants.
Le loup ne charche pas à surprendre les bergères.
Le premier, il cueillait la rose au printemps et les fruits en automne.
Sa voix, sa langue glacée, appelaient hélas ! la malheureuse Eurydice, tandis que sa vie s'enfuyait.
Entre-t-il tant de colère dans les âmes des Dieux ?
O trois et quatre fois heureux ceux qui sous les yeux de leurs parents au pied des hautes murailles de Troie eurent la chance de trouver la mort !
O comment te nommer, jeune fille ? Ton visage n'est pas d'une mortelle et ta voix n'a pas un timbre humain : Déesse sans doute !
L'expérience du malheur m'apprend à secourir les malheureux.
Quoi qu'il en soit, je crains les Grecs, même quand ils apportent des offrandes.
D'après ce seul coupable, apprends à les connaître tous.
Misère de moi, dans quel état ! Combien différent de ce valeureux Hector, revenant revêtu des dépouilles d'Achille !
L'unique salut pour les vaincus, c'est de n'en espérer aucun.
Je quitte en pleurant les rivages de ma patrie, les ports et les plaines où fut Troie.
A quoi ne contrains-tu pas le coeur des hommes, faim maudite de l'or ?
Œuvres de Virgile
L'EnéideL'Enéide, IL'Enéide, I, 11L'Enéide, I, 118L'Enéide, I, 159-161L'Enéide, I, 327L'Enéide, I, 405L'Enéide, I, 630L'Enéide, I, 94L'Enéide, II, 204L'Enéide, II, 250L'Enéide, II, 255L'Enéide, II, 268-269L'Enéide, II, 274L'Enéide, II, 3L'Enéide, II, 354L'Enéide, II, 428L'Enéide, II, 49L'Enéide, II, 65L'Enéide, III