Auteur

Théodore de Banville

«Cherchez les effets et les causes», - Nous disent les rêveurs moroses. - Des mots! des mots! cueillons les roses!
Au fond du vin se cache une âme.
Enfin, de son vil échafaud, - Le clown sauta si haut, si haut, - Qu'il creva le plafond de toiles - Au son du cor et du tambour, - Et, le coeur dévoré d'amour, - Alla rouler dans les étoiles.
Et ceux qui ne font rien ne se trompent jamais.
On mourra de dégoût si l'on ne prend pas, de-ci de-là, un grand bain d'azur.
Sans la justesse de l'expression, pas de poésie.
Vous en qui je salue une nouvelle aurore, ... - Jeunes hommes des temps qui ne sont pas encore...
A l'heure où les étoiles - Frissonnant sous leurs voiles - Brodent le ciel changeant - De fleurs d'argent.
C'est la sagesse, aimer le vin, - La beauté, le printemps, le printemps divin, - Cela suffit. Le reste est vain.
Et sur chaque jambe - Un bas céleste et vermeil - Flambe.
Ce bon élixir, le café - Met dans nos coeurs sa flamme noire.
Le front pâli par un long jeûne, - Triste et douce, en grand deuil.
Toute Eve a l'air d'un soleil - Qui brûle, et sur chaque jambe - Un bas céleste et vermeil - Flambe.
Parfois notre grand-mère, - La veuve aux chers soucis, - Qui fut si belle et qui mourut si jeune, - Se montrait sur le seuil, - Le front pâli comme par un long jeûne, - Triste et douce, en grand deuil.
Heureux celui qui, sans paresse, - L'oeil clair et les cheveux flottants, - Dit ces mots si doux: «Ma maîtresse», - Avec des lèvres de vingt ans!
Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux, - Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille - Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.
Et leurs lèvres s'ouvrir comme des fleurs sanglantes.
Pétrir de belles créatures, - Et sur d'éblouissants amas - De damas - Eparpiller des chevelures.
Sur ses larges bras étendus, - La forêt où s'éveille Flore - A des chapelets de pendus - Que le matin caresse et dore.
La République est jeune et fière - Et ne punit que les bourreaux; - Elle marche dans la lumière. - La République est un héros.
Et toi, mon maître, ô fier Ronsard, - Enthousiaste du doux art, - Amant d'Hélène, - Qui jadis nous émerveillais - Sur les roses et les oeillets - De son haleine!
Larges roses de feu, comme on en voit en rêve, - Et dont le fier carmin, d'un sourire enchanté, - Ressemble à du sang frais sur le tranchant d'un glaive.
Il est mort sans avoir à son lit solitaire - Une timide épouse échevelée en pleurs.
Monsieur, mime Pierrot, vous êtes trop bon, et vous êtes même joli, pour un birbe accablé de caducité.
Mieux vaut cent fois jeter nos vers au feu - Et fuir bien loin de ce métier de galère.

Œuvres de Théodore de Banville

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