Auteur

Tahar Ben Jelloun

Je suis tombée comme une mauvaise pluie, celle que l'on n'attend pas, celle qu'on craint parce qu'elle pourrit les semences.
Le temps est ce que nous sommes. Il est sur notre visage, dans nos silences, dans notre attente. Méritons le temps de la patience et des jours où rien n'arrive.
J'eus le coup de foudre, un petit tremblement de terre, une tempête dans le coeur, une avalanche d'étoiles et de lumière.
Il me disait, ce n'est pas l'amour fou, c'est l'amour lent, lent mais sûr.
Penser à l'autre, savoir être présent quand il le faut, avoir les mots et les gestes qu'il faut, faire preuve de constance dans la fidélité, c'est cela l'amitié, et c'est rare.
La mort est un vaisseau porté par les mains des jeunes filles ni belles ni laides qui passent et repassent dans une maison en ruine, sous le regard incrédule et méfiant de celui qui, d'une main sûre, repousse cette image.
Le racisme est un comportement qui constitue à se méfier, et même mépriser, des personnes ayant des caractéristiques physiques et culturelles différentes de nôtres.
On est toujours l'étranger de quelqu'un. Apprendre à vivre ensemble, c'est cela lutter contre le racisme.
L'amitié, elle, est beaucoup plus solide: si un parent peut toujours se dérober, ce n'est pas le cas d'un ami. Sans dévouement, le mot amitié lui-même perdrait tout son sens, pas le mot parenté.
Au Maroc, le sens de la famille prime sur l'amitié. On défend d'abord sa tribu avant ses compagnons de route.
Il avait l'habitude de dire: Les mots ne mentent jamais; ce sont les hommes qui mentent; moi, je suis comme les mots!
On ne se méfie jamais assez des nuits claires et douces. L'âme se laisse séduire, abdique et se retrouve brisée.
Tu as mon âme et mon coeur, mais mon corps appartient à la terre et au diable qui l'a dévasté.
Il s'était demandé pourquoi, dans l'esprit des enfants d'aujourd'hui, la bonté était signe de faiblesse. Fallait-il être dur, autoritaire et injuste pour être fort, pour être respecté, admiré?
Doit-on traîner avec soi jusqu'à la mort ceux qui vous ont condamné à vivre?
Nous sommes des voleurs; notre bonheur est notre secret; notre amour est notre survie; nous refusons d'être des naufragés; nous vivons cet amour et nous savons que nous serons un jour des êtres inconsolables.
Le couple, c'était une fusion où un plus un égale un.
Toute dépression est une rupture brutale, une confrontation avec soi dans la solitude. Si ça ne prévient pas, comment faire pour l'éviter?
Abdiquer? autant disparaître! A quoi bon devenir si petit que plus personne ne vous remarque? La relation à deux n'était donc possible qu'à condition d'être une ombre.
Rêver, c'est peut-être la chose la plus nécessaire qui soit. Plus nécessaire encore que de voir.
Si un jour on me disait: Tu es obligé de choisir entre rêver et voir, je choisirais sans doute rêver. Je pense qu'avec l'imagination et le rêve on supporte mieux la cécité.
L'amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier.
Il n'y a pas de choc des civilisations, il n'y a que le choc des ignorances.
Il ne faut pas subir. Quelle est cette loi qui dit qu'on doit subir l'autre? N'oublie pas, tu es ton propre capital. Il n'y en a pas d'autre.
Ceux qui ont peur de la maladie des autres devraient la braver et se familiariser avec ce qui nous attend.

Œuvres de Tahar Ben Jelloun

Amours sorcières (2003)Au pays (2009)Cette aveuglante absence de lumière (2001)Eloge de l'amitié (1996)Entretien avec Catherine Argand, Mars 1999.Harrouda (1973)Interview dans Libération, 11 Mars 2000.Interview dans Lire, Mars 1999.Jour de silence à Tanger (1990)L'Enfant de sable (1985)L'auberge des pauvresL'auberge des pauvres (1997)La Nuit sacrée (1987)La Prière de l'absent (1981)La Réclusion solitaireLe Dernier Ami (2004)Le Labyrinthe des sentiments (1999)Le Racisme expliqué à ma fille (1997)Le bonheur conjugal (2012)Le premier amour est toujours le dernier (1995)