On est tous à la recherche d'une frontière, une ligne claire entre le rêve et le réalité.
Auteur
Tahar Ben Jelloun
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La passion est un excès de vie, un excès de lumière, impossible à étaler dans un quotidien.
Il faut dire et redire la laideur qui mène le monde.
Le désert est un malentendu, un mauvais lit pour le sommeil et le songe, une page blanche pour la nostalgie.
C'est dans l'irrégularité, la clandestinité, le cambriolage que le plaisir est intense; pas dans la préméditation.
Nous sommes tous sourds quand cela arrange notre bonheur. Cela repose un peu de ne pas tout entendre.
Trop de raison dans les sentiments, ça les abîme souvent.
Seuls les yeux ne vieillissent jamais: l'âge passe et ne touche pas le regard.
«Toujours présente, jamais pesante», telle devrait être la devise de toute amitié.
Les traductions sont comme les femmes. Lorsqu'elles sont belles, elles ne sont pas fidèles, et lorsqu'elles sont fidèles elles ne sont pas belles.
Vous savez, il vaut mieux partir du principe que l'homme et bon, s'il se révèle mauvais, c'est lui qui se fait mal. C'est une question de sagesse.
Ils ne m'auront pas. Je ne serai jamais la petite Beur qui passe à la télé pour dire combien elle est assimilée, intégrée, rangée.
Avec les objets ... il suffit de savoir s'y prendre; ne pas les brutaliser. Moi aussi, il ne faut pas me brutaliser.
Je considère qu'un ami est celui qui ne ment pas, ne fait pas semblant et parle avec toute la sincérité, la franchise que l'amitié véritable requiert.
Hélas, je n'ai jamais eu les yeux aussi ouverts. Je suis atteinte de lucidité comme d'une sale maladie qui ne veut pas guérir. C'est douloureux, la lucidité. On voit les choses exactement comme elles sont, non comme elles devraient être.
Il y a des gens qui hurlent quand ils menacent. La colère trouble leurs sentiments. Il y en a d'autres qui parlent sans hausser le ton et ce qu'ils disent vous atteint plus.
Il fallait être indifférent tout en réagissant quand c'était nécessaire. L'indifférence n'était pas l'absence mais la répudiation de tout sentiment.
La corruption c'est aussi le manque de dignité, c'est l'absence de scrupule, c'est l'exploitation des gens sans défense.
L'absence est une ride du souvenir. C'est la douceur d'une caresse, un petit poème oublié sur la table.
Un vieux a le droit de se répéter: c'est un acquis et un privilège de l'âge.
L'amitié est un bien supérieur à toutes les vertus. Sache que je suis et serai toujours dans cette amitié avec toi, pour toi, confondu en toi.
Chaque enfant est une parole prise à la nuit une caresse du temps petite éternité de l'aube sortie d'un ventre.
Aimer, c'est célébrer en permanence la rencontre de deux solitudes.
Un livre c'est la naissance d'un voyage, le tracé d'un itinéraire.
La pudeur, c'est cela! Ne pas regarder l'homme en face; ne pas soutenir son regard par soumission, par devoir, rarement pas respect ou à cause de l'émotion.
Œuvres de Tahar Ben Jelloun
Amours sorcières (2003)Au pays (2009)Cette aveuglante absence de lumière (2001)Eloge de l'amitié (1996)Entretien avec Catherine Argand, Mars 1999.Harrouda (1973)Interview dans Libération, 11 Mars 2000.Interview dans Lire, Mars 1999.Jour de silence à Tanger (1990)L'Enfant de sable (1985)L'auberge des pauvresL'auberge des pauvres (1997)La Nuit sacrée (1987)La Prière de l'absent (1981)La Réclusion solitaireLe Dernier Ami (2004)Le Labyrinthe des sentiments (1999)Le Racisme expliqué à ma fille (1997)Le bonheur conjugal (2012)Le premier amour est toujours le dernier (1995)