Œuvre

L'auberge des pauvres (1997)

Un vieux a le droit de se répéter: c'est un acquis et un privilège de l'âge.
On ne se méfie jamais assez des nuits claires et douces. L'âme se laisse séduire, abdique et se retrouve brisée.
Toute dépression est une rupture brutale, une confrontation avec soi dans la solitude. Si ça ne prévient pas, comment faire pour l'éviter?
Rêver, c'est peut-être la chose la plus nécessaire qui soit. Plus nécessaire encore que de voir.
Si un jour on me disait: Tu es obligé de choisir entre rêver et voir, je choisirais sans doute rêver. Je pense qu'avec l'imagination et le rêve on supporte mieux la cécité.
C'est formidable les gens qui ont des certitudes, qui ne doutent jamais. Ce sont des gens en béton. Mais il faut se méfier du béton. La moindre fêlure dans le mur peut entrainer la chute de toute la maison.
Après tout, une forte passion, même quand ça se termine mal, c'est pas mal, ça fout un peu de désordre et beaucoup de vie dans les veines.
La raison n'est pas toujours bonne. Faut pas croire, mais trop de raison dans les sentiments, ça les abîme souvent. Quelqu'un a dit, je crois que c'est un mexicain, que la raison qui ne dort jamais produit des monstres.
Le sentiment de liberté se manifeste avec plus de force dans une prison.
Toutes les histoires sont des histoires d'amour, et quand elles se terminent mal, elles échouent là, dans ce sous-sol, comme des épaves, de tristes choses qui se cognent contre le mur de la vie.
Ebloui, je ne sais plus où j'en suis ni qui j'aime. Est-ce l'amour que j'aime, est-ce la femme que j'aime ou est-ce une image de moi qui circule dans d'autres yeux ?