Auteur

René Descartes

Après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible.
Au lieu que c'est une vertu d'avoir pitié des moindres afflictions qu'ont les autres, c'est une espèce de lâcheté de s'affliger pour les nôtres propres.
C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher.
C'est proprement ne valoir rien que de n'être utile à personne.
C'est quasi le même de converser avec ceux des autres siècles que de voyager.
Car quiconque a une volonté ferme et constante d'user toujours de la raison le mieux qu'il est en son pouvoir, et de faire en toutes ses actions ce qu'il juge être le meilleur, est véritablement sage autant que sa nature permet qu'il le soit.
Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien.
Ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s'en éloignent.
Il me semble que les pensées des hommes se gèlent ici pendant l'hiver aussi bien que les eaux.
Il n'appartient qu'aux souverains, ou à ceux qui sont autorisés par eux, de se mêler de régler les moeurs des autres.
Il suffit de bien juger pour bien faire, et de juger le mieux qu'on puisse pour faire aussi tout son mieux.
J'appelle vices des maladies de l'âme, qui ne sont point si aisées à connaître que les maladies du corps, parce que nous faisons assez souvent l'expérience d'une parfaite santé du corps, mais jamais de l'esprit.
J'ose croire que la joie intérieure a quelque secrète force pour se rendre la fortune plus favorable.
Je m'avance masqué.
Je me tiendrai toujours plus obligé à ceux par la faveur desquels je jouirai sans empêchement de mon loisir, que je ne ferais à ceux qui m'offriraient les plus honorables emplois de la terre.
Je mettais entre les excès toutes les promesses par lesquelles on retranche quelque chose de sa liberté.
Je ne me fie quasi jamais aux premières pensées qui me viennent.
Je ne suis point d'opinion ... qu'on doive s'exempter d'avoir des passions; il suffit qu'on les rende sujettes à la raison, et lorsqu'on les a ainsi apprivoisées, elles sont quelquefois d'autant plus utiles qu'elles penchent plus vers l'excès.
Je ne suis point de ces philosophes cruels qui veulent que leur sage soit insensible.
Je pense, donc je suis.
Je prends beaucoup plus de plaisir à m'instruire moi-même que non pas à mettre par écrit le peu que je sais.
Je réputais presque pour faux tout ce qui n'était que vraisemblable.
Je suis comme un milieu entre Dieu et le néant.
L'amour est incomparablement meilleure que la haine; elle ne saurait être trop grande.
L'homme n'a de connaissance des choses naturelles que par les moyens de la correspondance avec ce qui tombe sous les sens.

Œuvres de René Descartes

Cogitationes privataeCorrespondanceCorrespondance, à Brégy, 15 janvier 1650Correspondance, à Chanut, 20 novembre 1647Correspondance, à Elisabeth, 18 mai 1645Correspondance, à Elisabeth, 1er septembre 1645Correspondance, à Elisabeth, 6 octobre 1645Correspondance, à Elisabeth, janvier 1646Correspondance, à Elisabeth, octobre ou novembre 1646Correspondance, à Huygens, 20 mai 1637Correspondance, à M. ChanutCorrespondance, à Mersenne, 15 avril 1630Correspondance, à l'abbé Picot, 28 février 1648Discours de la méthode (1637)Discours de la méthode (1637), VILes Passions de l'âmeLes Passions de l'âme (1649)Les Passions de l'âme (1649), IIILes Principes de la philosophie (1644)Les Règles pour la direction de l'esprit (1628)