La cause la plus ordinaire de la fièvre lente est la tristesse.
Auteur
René Descartes
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La constitution de notre nature est telle que notre esprit a besoin de beaucoup de relâche afin qu'il puisse employer utilement quelques moments en la recherche de la vérité, et qu'il s'assoupirait au lieu de se polir s'il s'appliquait trop à l'étude.
La lecture de tous bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée, en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées.
La maxime que j'ai le plus observée en toute la conduite de ma vie a été de suivre seulement le grand chemin, et de croire que la principale finesse est de ne vouloir point du tout user de finesse.
La philosophie donne moyen de parler vraisemblablement de toutes choses, et se faire admirer des moins savants.
La philosophie que je cultive n'est pas si barbare ni si farouche qu'elle rejette l'usage des passions; au contraire, c'est en lui seul que je mets toute la douceur et la félicité de cette vie.
La pluralité des voix n'est pas une preuve qui vaille rien, pour les vérités un peu malaisées à découvrir.
La volonté est tellement libre de sa nature qu'elle ne peut jamais être contrainte.
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ... La puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens, ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes.
Le plus philosophe du monde ne saurait s'empêcher d'avoir de mauvais songes lorsque son tempérament l'y dispose.
Les hommes (que les passions) peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie.
Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leur excès.
Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus.
Lorsqu'on emploie trop de temps à voyager on devient enfin étranger en son pays.
Lorsqu'on est trop curieux des choses qui se pratiquaient aux siècles passés, on demeure ordinairement fort ignorant de celles qui se pratiquent en celui-ci.
Lorsque l'esprit est plein de joie, cela sert beaucoup à faire que le corps se porte mieux et que les objets présents paraissent plus agréables.
Nous voyons (... que les passions) sont toutes bonnes de leur nature, et que nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès.
S'il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusque ici, je crois que c'est dans la médecine qu'on doit le chercher.
Si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n'aurait pas raison de se vouloir perdre pour la sauver.
Souvent une fausse joie vaut mieux qu'une tristesse dont la cause est vraie.
La honte, au contraire, est une espèce de tristesse fondée aussi sur l'amour de soi-même, et qui vient de l'opinion ou de la crainte qu'on a d'être blâmé.
Il y a beaucoup plus de sûreté et plus d'honneur en la résistance qu'en la fuite.
Mais la volonté est tellement libre de sa nature, qu'elle ne peut jamais être contrainte.
Ainsi souvent lorsqu'on dort, et même quelquefois étant éveillé, on imagine si fortement certaines choses qu'on pense les voir devant soi ou les sentir en son corps, bien qu'elles n'y soient aucunement.
Si la partie est fort inégale, il vaut mieux faire une honnête retraite ou prendre quartier que s'exposer brutalement à une mort certaine.
Œuvres de René Descartes
Cogitationes privataeCorrespondanceCorrespondance, à Brégy, 15 janvier 1650Correspondance, à Chanut, 20 novembre 1647Correspondance, à Elisabeth, 18 mai 1645Correspondance, à Elisabeth, 1er septembre 1645Correspondance, à Elisabeth, 6 octobre 1645Correspondance, à Elisabeth, janvier 1646Correspondance, à Elisabeth, octobre ou novembre 1646Correspondance, à Huygens, 20 mai 1637Correspondance, à M. ChanutCorrespondance, à Mersenne, 15 avril 1630Correspondance, à l'abbé Picot, 28 février 1648Discours de la méthode (1637)Discours de la méthode (1637), VILes Passions de l'âmeLes Passions de l'âme (1649)Les Passions de l'âme (1649), IIILes Principes de la philosophie (1644)Les Règles pour la direction de l'esprit (1628)