Les souris de l'enclume. Cette image m'aurait paru charmante autrefois. Elle suggère un essaim d'étincelles décimé en son éclair.
Terre mouvante, horrible, exquise et condition humaine hétérogène se saisissent et se qualifient mutuellement. La poésie se tire de la somme exaltée de leur moire.
Je vois enfin la mer dans sa triple harmonie, la mer qui tranche de son croissant la dynastie des douleurs absurdes, la grande volière sauvage, la mer crédule comme un liseron.
Entre le monde de la réalité et moi, il n'y a plus aujourd'hui d'épaisseur triste.
Tellement j'ai faim, je dors sous la canicule des preuves.
Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre. J'ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice.
Compagnons pathétiques qui murmurez à peine, allez la lampe éteinte et rendez les bijoux. Un mystère nouveau chante dans vos os. Développez votre étrangeté légitime.
Œuvres de René Char
A une sérénité crispéeAllégeanceAromates chasseurs (1976)Artine (1930)Chants de la Balandrane (1977)Cité par Jacques Prévert dans Spectacle (1951).Commune présence (1964)Dans la pluie giboyeuse (1968)Eloge d'une soupçonnée (1988)Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1979)Feuillets d'Hypnos (1946)Feuillets d'Hypnos (1946), n° 198Fureur et Mystère (1948)Fureur et Mystère (1948), Le poème pulvériséFureur et Mystère (1948), Seuls demeurent (1938-1944), Partage formelL'Age cassant (1965)La Parole en archipelLa Parole en archipel (1962)La nuit talismanique (1972), Vers aphoristiquesLa nuit talismanique qui brillait dans son cercle (1972), Volets tirés fendus