Auteur

Raymond Queneau

Le petit type examine le gabarit de Gabriel et se dit c'est un malabar.
On a beau faire des élections, des enquêtes, des plébiscites, des gallups, on n'arrive pas à se décider.
On dort çà et là, des couples se chatouillent et des femmes rient très fort. Théo glisse un coup d'oeil vers une jeune fille couchée, assez impudique. Le voilà terriblement troublé.
Ah! ah! je ne te l'avais pas encore dit. J'ai occis quelques bourgeois qui m'embrenaient. - L'ire est mauvaise conseillère. Il faudra faire pénitence.
Mademoiselle, dit Labal avec calme, permettez-moi de vous dire que vous raisonnez comme un manche, ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez et utilisez de travers votre matière grise.
Les arbres poussaient en silence et le règne animal limitait sa présence à des actes obscurs et muets.
L'erreur, le crime et l'adultère: voilà tout ce qui rend les hommes intéressants.
Pour que la pantoum soit parfait, il faut que du commencement à la fin deux sens soient poursuivis parallèlement, l'un dans les deux premiers vers de la strophe, l'autre dans les deux derniers.
Le con, en particulier, ne peut connaître le bonheur de l'amour.
En dehors des plaisirs solitaires qui absorbaient une partie considérable de ses loisirs, il n'aimait pas grand-chose, ne collectionnait rien et lisait peu.
Un rondeau est un poème de forme fixe de treize vers sur deux rimes avec une pause au cinquième et une au huitième et dont le ou les premiers mots se répètent après le huitième et après le treizième sans être eux-mêmes des vers.
C'est un conseil désintéressé que je vous donne, c'est un beau-frère qui vous parle, c'est la supplication d'un père de famille, c'est une adjuration éperdue, c'est pas du bidon, c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux.
Je l'examine du coin de l'oeil des pieds à la tête. Vers le milieu du corps, je constate que sa spiritualité se manifeste à tel point que, pour sûr, il pourrait s'en servir comme trique pour biquette.
Pour ce qui est du minois, je m'y connais, mais la connerie, c'est parfois insondable.
Au son du corps: bonne chiasse chic de rien.
Poulailler: Les coqs cons.
Cette masse de bidoche s'accompagne de flageolets; tout le monde pense aux vents que leur absorption provoquera, mais on a de l'éducation ou on n'en a pas: motus! pas de plaisanteries sur ce sujet!
- Je n'ose plus vous tutoyer, dit Dominique. - - Je comprends ça. Mais on peut très bien se vouvoyer. A moins de parler à la troisième personne je ne vois pasd'autre solution.
L'humour: Prends l'humour et tords-lui son cul.
Deux sortes d'arbres: Les hêtres et les non-hêtres.
Histoire de France: Les huns piquant des deux arrivèrent à Troyes quatre à quatre.
Anatomie: le béat urinaire.
La vie? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène.
On fait croire aux jeunes (et à d'autres) qu'il existe des pêches et des pommes, des stars aux seins proéminents et des clairs de lune gratuits, de loxygène à volonté et de l'espace sans passeport, mais ce n'est pas vrai.
Ah ! la grande amour, ça vient, on ne sait pas quand, on ne sait pas comment, et qui mieux est, on ne sait pas pour qui. Du moins à ce qu'il paraît. Alors ce ne sont plus que clairs de lune, gondoles, ivresses éthérées, âmes soeurs et fleurs bleues.

Œuvres de Raymond Queneau

Battre la campagne (1968), Les ares vertsBâtons, chiffres et lettres (1950)Bâtons, chiffres et lettres (1950), Rendez-vous de JuilletChêne et chien (1937)Courir les rues (1967), Les optimistesCourir les rues (1967), Rue Paul VerlaineGueule de pierre (1934)Journaux (1914-1965), 14 septembre 1920Journaux (1914-1965), 18 mai 1920Journaux (1914-1965), 1927L'Instant fatal (1946)Le Chant du styrène (1958)Le Chien à la mandoline (1965)Le Chiendent (1933)Le Dimanche de la vie (1952)Le Journal intime de Sally Mara (1950)Le Vol d'Icare (1968)Les Derniers Jours (1936)Les Enfants du Limon (1938)Les Fleurs bleues (1965)