Auteur

Paul Verlaine

Elle voulut aller sur les flots de la mer, - Et comme un vent bénin soufflait une embellie, - Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie ...
Il faut que le coeur le plus triste cède - A l'immense joie éparse dans l'air.
Voulant te fuir (fuir ses amours ! - Mais un poète est si bête) - J'ai pris, l'un de ces derniers jours - La poudre d'escampette.
L'étang reflète, - Profond miroir, - La silhouette - Du saule noir.
Toutes, oui, je vous aime, oui, femmes, je vous aime: -Excepté si par trop laides ou vieilles, dam !
Nos deux coeurs, exhalant leur tendresse paisible, - Seront deux rossignols qui chantent dans le soir.
Ce vieux vin de Chypre est exquis - Moins, Camargo, que votre nuque.
Et que le jersey pur et souple rampe au corps - Que j'adore, et non plus de tels falbalas discords.
Un vieux faune de terre cuite - Rit au centre des boulingrins.
Oh ! La nuance seule fiance - Le rêve au rêve et la flûte au cor !
Roule, roule ton flot indolent, morne Seine.
Du houx à la feuille vernie - Et du luisant buis je suis las, - Et de la campagne infinie. - Et de tout, fors de vous, hélas !
Artiste, toi, jusqu'au fantastique, - Poète, moi, jusqu'à la bêtise, - Nous voilà, la barbe à moitié grise, - Moi fou de vers et toi de musique.
Ah ! qu'il est bon au retour, le foyer, - Et qu'il est doux, le vieux lit de noyer, - Quand on s'y couche, après un long voyage.
Ton rire éclatait - Sans gêne et sans art, - Franc, sonore et libre.
O le frêle et frais murmure !
Les appas, mûrs mais durs qu'appète - Ma fressure, quand tu es là - Et, quand tu n'es pas là, ma tête !
Ils me disent que tu me trompes, - D'abord qu'est-ce que ça leur fait, - Chère frivole, que tu rompes - Un serment que tu n'as pas fait ?
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches - Et puis voici mon coeur, qui ne bat que pour vous.
J'ai la fureur d'aimer. Mon coeur si faible est fou.
Il va rôdant comme un loup - Et s'élance tout à coup - Poussant un sombre hou-hou.
De la musique avant toute chose, - Et pour cela préfère l'Impair - Plus vague et plus soluble dans l'air, - Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse - Ou ride cet Azur implacablement lisse - Où le silence bout dans l'immobilité.
Son regard est pareil au regard des statues, - Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle à - L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Il paraît que tu ne comprends - Pas les vers que je te soupire, - Soit! et cette fois je me rends! - Tu les inpires, c'est bien pire.

Œuvres de Paul Verlaine

A propos de Marceline Desbordes-Valmore.Amour (1888)Amour (1888), Ballade en rêveAmour (1888), Lucien LétinoisAmour (1888), Prière du matinBonheur (1893), XXX - L'amour de la Patrie est le premier amourChair (1895), Assonances galantesChair (1895), PrologueChansons pour elle (1891)Chansons pour elle (1891), IIIChansons pour elle (1891), VIIChansons pour elle (1891), XXCompagne savoureuse et bonneConfessions (1895)Dans les limbes (1894)Dédicaces (1890)Dédicaces (1890), XL, Quatorzain pour toutesDédicaces (1890), XXIXDédicaces (1890), XXXVDédicaces, à Arthur Rimbaud