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Ovide

Le flot qui fuit ne reviendra plus à sa source; l'heure une fois passée est passée sans retour. Profitez du bel âge : il s'envole si vite ! Chaque jour est moins beau que celui qui l'a précédé.
Songez dès à présent à la vieillesse qui viendra trop tôt, et vous ne perdrez pas un instant. Tandis que vous le pouvez, et que vous en êtes encore à vos années printanières, donnez-vous du bon temps; comme l'eau s'écoulent les années.
Le travail de l'enfantement vient en outre abréger la jeunesse : des moissons trop fréquentes épuisent un champ.
Il est honteux pour une jeune femme de ne savoir pas jouer; car souvent l'amour vient en jouant.
Un temps viendra où vous regretterez de vous regarder dans votre miroir, et ces regrets feront naître de nouvelles rides.
L'amour, à son début, s'effarouche d'un rien.
L'amant qu'on ne voit plus est vite oublié : un autre prend sa place.
L'amour est faible à sa naissance; il se fortifiera par l'habitude : sache l'alimenter, et avec le temps il deviendra robuste.
Dépouille tout orgueil si tu aspires à un amour durable.
Quoi de plus solide que le rocher, de moins dur que l'eau; et cependant l'eau creuse les rocs les plus durs.
Quand le coeur est joyeux, quand il n'est point resserré par la douleur, il s'épanouit.
Vénus dans le vin, c'est le feu dans le feu.
Je vois le bien, je l'approuve et je fais le mal.
Dans tout l'univers la nature avait un unique aspect, que l'on appelle chaos, masse grossière et inorganisée.
Ci-gît Phaéton, conducteur du char de son père le Soleil; s'il ne put le diriger, il a succombé du moins dans une grande entreprise.
Tandis que sa main brutale tenait ma corne résistante, il la brisa et l'arracha de mon front mutilé. Les Naïades la remplirent de fruits et de fleurs odorantes, la consacrèrent aux dieux et la Bonne Abondance s'enrichit de ma corne.
Il n'y a qu'un oiseau qui se renouvelle et se redonne à lui-même la vie; les Assyriens l'appellent phénix.
Ce qu'on a eu plaisir à faire, on a honte de le rappeler.
Ce sont ordinairement les meilleures choses que ravissent d'abord les mains avides de la mort.
Qu'est le sommeil, sinon une image de la froide mort ?
Elles viennent pour voir, elles viennent aussi pour être vues.
Ce qu'elle demande - que tu cesses ta cour - elle craint de l'obtenir; ce qu'elle ne demande pas - sue tu insistes - elle le souhaite.
L'amour est une espèce de service militaire.
On loue les poèmes mais on recherche les grands présents; pourvu qu'il soit riche, le rustre lui-même plaît; c'est maintenant véritablement l'âge d'or. Les plus grands honneurs vont à l'or; c'est l'or qui procure l'amour.
Tant que tu seras heureux tu compteras beaucoup d'amis. S'il vient des temps nuageux, tu seras seul.

Œuvres de Ovide

L'Art d'aimer, I, 345L'Art d'aimer, I, 483L'Art d'aimer, I, 99L'Art d'aimer, I, PréambuleL'Art d'aimer, IIL'Art d'aimer, II, 233L'Art d'aimer, II, 275L'Art d'aimer, IIIL'art d'aimerLes AmoursLes Amours, I, 8, 43Les Amours, II, 4Les Amours, II, 6, 39Les Amours, II, 9, 41Les Amours, III, 14, 5Les Fastes, I, 212Les Fastes, I, 216Les Fastes, II, 683, 684Les Fastes, VI, 771Les Héroïdes