La goutte d'eau cave la pierre, non par la force, mais en tombant souvent.
Un jour, beau jeune homme, votre chevelure blanchira, et les rides viendront défigurer vos traits. Formez-vous donc de bonne heure un esprit solide, et faites-en l'auxiliaire de la beauté : c'est le seul compagnon qui nous reste fidèle jusqu'au tombeau.
C'est danser dans les ténèbres qu'écrire des vers qu'on ne lit à personne.
L'homme doit toujours attendre le dernier jour, et nul ne doit être appelé heureux avant le trépas et les suprêmes honneurs funèbres.
Voulez-vous ne pas rester oisifs ? Aimez.
L'Amour est un maître bien plus impérieux et bien plus cruel pour ceux qui ne se laissent pas faire que pour ceux qui se reconnaissent ses esclaves.
Déjà la moisson grandit aux lieux où fut Troie.
Les autres peuples ont des limites qu'ils ne doivent pas franchir : les limites de la ville de Rome et de l'univers sont identiques.
Je n'ai rien dit, ma langue n'a proféré nul outrage ; des mots coupables ne m'ont pas échappé dans les fumées du vin : c'est uniquement parce que mes regards, sans le savoir d'avance, ont vu un crime, que je suis frappé. Ma faute est d'avoir eu des yeux.
Je sens mon coeur inconstant tiraillé entre l'amour et la haine qui se livrent combat ; mais, je le crois, c'est l'amour qui l'emporte. Je haïrai, si je le puis ; sinon, j'aimerai, mais malgré moi. Le taureau non plus n'aime pas le joug ; il ne porte pas moins ce qu'il hait. Je fuis sa perfidie ; pendant que je fuis, sa beauté me rappelle. J'abhorre les défauts de ton âme et j'aime ton corps. Ainsi je ne puis vivre ni sans toi ni avec toi et ne sais pas moi-même ce que je désire.
S'il est quelqu'un de notre peuple à qui l'art d'aimer soit inconnu, qu'il lise ce poème, et, instruit par sa lecture, qu'il aime. C'est l'art avec lequel la voile et la rame sont maniées qui permet aux vaisseaux de voguer rapidement, l'art qui permet aux chars de courir légèrement : l'art doit gouverner l'Amour. Automédon excellait à manier un char et les rêves flexibles ; Tiphys était le pilote de la poupe hémonienne. Moi, Vénus m'a donné comme maître au jeune Amour ; c'est le Tiphys et l'Automédon de l'Amour que l'on me nommera.
J'ai formé le dessein de conter les métamorphoses des êtres en des formes nouvelles. O dieux (car ces transformations furent, elles aussi, votre œuvre), favorisez mon entreprise et guidez le déroulement ininterrompu de mon poème depuis l'origine même du monde jusqu'à ce temps qui est le mien.
Plus on a, plus on désire.
Vous voyez peu de fleuves larges dès leur source ; la plupart se grossissent par le tribut des ruisseaux qui viennent s'y perdre.
Je vous conseille aussi d'avoir en même temps deux maîtresses, et si vous en avez plus, votre coeur n'en sera que plus ferme ; le coeur, volant ainsi d'une belle à une autre, ces deux amours s'affaiblissent réciproquement. Les plus grands fleuves s'amoindrissent quand leurs eaux sont divisées en plusieurs ruisseaux ; la flamme s'éteint faute du bois qui lui servait d'aliment ; une seule ancre ne suffit pas pour arrêter plusieurs vaisseaux ; et, quand on pêche à la ligne, il faut y attacher plus d'un hameçon ; l'amant qui, de longue main, s'est ménagé une double consolation a, dès ce moment, remporté une victoire éclatante
Œuvres de Ovide
L'Art d'aimer, I, 345L'Art d'aimer, I, 483L'Art d'aimer, I, 99L'Art d'aimer, I, PréambuleL'Art d'aimer, IIL'Art d'aimer, II, 233L'Art d'aimer, II, 275L'Art d'aimer, IIIL'art d'aimerLes AmoursLes Amours, I, 8, 43Les Amours, II, 4Les Amours, II, 6, 39Les Amours, II, 9, 41Les Amours, III, 14, 5Les Fastes, I, 212Les Fastes, I, 216Les Fastes, II, 683, 684Les Fastes, VI, 771Les Héroïdes