Le poids des tristesses ne se compare pas.
Tu dois faire attention aux Afghans. Ils ne sont pas pire que les autres, mais comme ce sont les plus nombreux, ils essaient de faire la loi. C'est naturel. C'est la survie. Nous devenons tous des monstres quand l'Histoire nous le propose.
Quand il pleut à Calais, c'est de la grosse grêle, cailloux, briques écrous de chantier.
Réfléchissez pas trop, lieutenant. C'est pas une bonne idée. Ce job, il se fait en apnée. Tentez pas de respirer sous l'eau.
Si la France n'accueille plus les réfugiés de guerre, alors je crois qu'on peut abandonner tout espoir.
L'Angleterre s'est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n'ont qu'une seule trouille, c'est de voir l'autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson.
La torture c'est aussi du répit, sinon ça ne fonctionne pas.
Tu ne peux pas mettre ensemble près de dix mille hommes, venant des pays les plus dangereux de la Terre, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu'une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. Des morts, il y en a toutes les semaines.
Bon, je crois qu'on est d'accord pour dire que tous ces types dans la Jungle fuient la guerre ou la famine. On n'est pas sur une simple migration économique mais sur un exil forcé. Ce serait un peu inhumain de leur coller une procédure d'infraction à la législation sur les étrangers et de les renvoyer chez eux. On passerait pour quoi ? Mais d'un autre côté, c'est plutôt évident que personne ne veut se soucier de leur accueil puisqu'on les laisse dans une décharge aux limites de la ville. Alors on leur a créé le statut de « réfugiés potentiels ».
Les enfants heureux doivent imaginer leurs monstres, planqués sous le lit. Au cours de sa vie, Kilani en avait affronté de nombreux, et ceux-là ne se cachaient pas.
Un braquage c'est comme de la pub, tout se joue sur le marketing et l'image.
Un gardé à vue, on l'éreinte, on le brise, on le pousse à bout. Promettez-leur l'enfer, faites-les pleurer mais par-dessus tout, faites-les parler.
L'espoir allonge le temps et use les nerfs. La résignation permet d'être en paix. Accepter sa peine est le seul moyen de la supporter. Mais cette acceptation peut prendre du temps.
La justice n'est qu'une demande de vengeance et la vengeance n'a jamais soulagé les âmes.
Malheureusement, il n'existe pas d'endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré et cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion... la prison comme une école du crime.
Un centre pénitentiaire n'est efficace que s'il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droits, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l'autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu'à vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n'existe pas d'endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime.
Si un avocat découvre une preuve qui accuse son client, il n'a aucune obligation de la fournir aux policiers. Pour toute autre personne, ce serait de la complicité, mais pour eux, c'est le fameux droit à la défense.
Quand on est seul, on n'est responsable de rien. Ni du malheur, ni du bonheur.
Il n'est de complice que lors du crime. Face aux policiers, c'est chacun pour sa liberté.
Pour être flic, d'ici dix ans, il faudra juste un bon ordinateur, un technicien de qualité et quelques laborantins et on pourra dire adieu aux enquêteurs à l'ancienne.
C'est un homme politique. Les politiques ça titube, ça tangue, mais ça ne tombe jamais vraiment.
A force de ne jamais se faire braquer ou voler, les curseurs de vigilance s'abaissent jusqu'à ce que plus personne n'en ait rien à faire et à la fin, on laisse tout ouvert. On appelle ça la force négative de l'habitude.
C'est bien. J'ai votre confiance. Ça m'aide. Vous êtes des amis en plastique et des collègues en carton, je saurais même pas dans quelle poubelle vous recycler.
Mais profites-en, parce qu'avec l'ADN, les empreintes digitales et les ondes vocales, si tu ajoutes les réseaux sociaux et bientôt les analyses de l'odeur corporelle, ton flair sera comme un vieil outil dépassé. Une sorte de Minitel. Pour être flic, d'ici dix ans, il faudra juste un bon ordinateur, un technicien de qualité et quelques laborantins et on pourra dire adieu aux enquêteurs à l'ancienne.
Mais profites-en, parce qu'avec l'ADN, les empreintes digitales et les ondes vocales, si tu ajoutes les réseaux sociaux et bientôt les analyses de l'odeur corporelle, ton flair sera comme un vieil outil dépassé. Une sorte de Minitel.
Œuvres de Olivier Norek