Au rivage, où jamais n'aborda l'Espérance, - Il cherche, mais en vain, quelque fruit savoureux.
Auteur
Marceline Desbordes-Valmore
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L'âme doit courir - Comme une eau limpide ; - L'âme doit courir, - Aimer et mourir.
Donne-moi l'espérance ; - Je te l'offre en retour. - Apprends-moi la constance ; - Je t'apprendrai l'amour. - Comme je t'aime en mes beaux jours, - Je veux t'aimer toujours.
Sois d'un coeur qui t'adore - L'unique souvenir ; - Je te promets encore - Ce que j'ai d'avenir. - Comme je t'aime en mes beaux jours, - Je veux t'aimer toujours.
N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre. - Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau. - J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre, - Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau. - N'écris pas !
N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes. - Ne demande qu'à Dieu... Qu'à toi, si je t'aimais ! - Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes, - C'est entendre le ciel sans y monter jamais. - N'écris pas !
N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ; - Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent. - Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire. - Une chère écriture est un portrait vivant. - N'écris pas !
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes - C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
Oh ! quand il nous surprend, qu'il est beau, le plaisir ! - D'un foyer presque éteint la flamme salutaire - Par intervalle encor trompe l'obscurité : - Si tu veux écouter ma plainte solitaire, - Nous causerons à sa clarté.
Quand je me sens mourir du poids de ma pensée, - Quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur, - D'un courage inutile affranchie et lassée, - Je me sauve avec toi dans le fond de mon coeur !
Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ; - \r\nJ'écris pourtant
Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ; - \r\nJ'écris pourtant
Et les corps étendus, troués par les mitrailles, - \r\nAttendent un linceul, une croix, un remords.
Nous n'avons plus d'argent pour enterrer nos morts. - \r\nLe prêtre est là, marquant le prix des funérailles ; - \r\nEt les corps étendus, troués par les mitrailles, - \r\nAttendent un linceul, une croix, un remords.
Heure charmante, - \r\nSoyez moins lente ! - \r\nAvancez-vous, - \r\nMoment si doux ! - \r\nUne journée - \r\nEst une année, - \r\nQuand pour te voir, - \r\nJ'attends le soir.
Une journée - \r\nEst une année, - \r\nQuand pour te voir, - \r\nJ'attends le soir.
Œuvres de Marceline Desbordes-Valmore
Album du jeune âge (1829)Correspondance, à Pauline Duchambge, 11 mai 1857Correspondance, à Prosper Valmor, 17 novembre 1839Elégies et Poésies nouvelles (1825), Les PleursLa FemmeLa maison de ma mèreLe Livre des mèresLe soirLes Pleurs (1833), La SincèreLes SéparésMélanges et fragments (1830), L'AbsencePauvres Fleurs (1839), Qu'en avez-vous fait?Poésies (1830)Poésies (1830), Au SommeilPoésies (1830), Elégies, A Mademoiselle Georgina NairacPoésies (1830), Elégies, La Nuit d'hiverPoésies (1830), Elégies, Qu'en avez-vous fait?Poésies (1830), Elégies, RefugePoésies (1830), L'isolementPoésies (1830), Romances, L'Espoir