De même, le rire du cocu qui ignore son infortune, et qui rit aux larmes de l'inconscience d'un autre cocu.
Faire rire ! Devenir un roi du rire ! C'est moins effrayant que d'être guillotiné, mais c'est aussi infamant
Il n'y a que les hommes qui rient… Les hommes et même les tout petits enfants, ceux qui ne parlent pas encore… Le rire, c'est une chose humaine, une vertu qui n'appartient qu'aux hommes et que Dieu, peut-être, leur a donnée pour les consoler d'être intelligents…
Le rire est un phénomène toujours semblable à lui-même, tout au moins dans sa manifestation principale, la contraction plus ou moins violente du grand zygomatique, accompagnée d'une sorte de spasme des voies respiratoires.
Pour qu'une histoire soit probante, on doit recréer l'atmosphère. Ce n'est pas facile : il faut beaucoup de mots et de lettres pour fixer la réalité
Faire rire un être découragé, c'est-à-dire qui se croit inférieur à tous, et même à la vie, c'est lui rendre momentanément un sentiment de supériorité sur un autre individu, ou sur un groupe d'individus, et ce sentiment, provoqué par l'artifice de l'auteur ou du comédien, peut réamorcer en lui, tout au moins provisoirement, la source de la confiance et du courage.
Le rire, étant un chant de triomphe, déclenche un petit orage nerveux. La rate en reçoit la nouvelle : pour prendre sa part à l'action générale, et pour y contribuer, elle déverse aussitôt dans le sang un flot nouveau de globules rouges.
Mélanie, il faut bien que jeunesse se passe, et supporter patiemment que celle des autres se passe de nous.
Seulement, les grands-mères, madame Rostaing, c'est comme le mimosa, c'est doux et c'est frais, mais c'est fragile. Un matin, elle n'était plus là. Une bosse et une grand-mère, ça va très bien, on peut chanter. Mais un bossu qui a perdu sa grand-mère, c'est un bossu tout court.
Seulement, les grands-mères, madame Rostaing, c'est comme le mimosa, c'est doux et c'est frais, mais c'est fragile.
Les grands-mères c'est comme le mimosa, c'est doux et c'est frais, mais c'est fragile.
Une bosse et une grand-mère, ça va très bien, on peut chanter. Mais un bossu qui a perdu sa grand-mère, c'est un bossu tout court.
Un rêve m'a dit une chose étrange - \r\nUn secret de Dieu qu'on n'a jamais su, - Les petits bossus sont de petits anges, - Qui cachent leurs ailes sous leur pardessus. - \r\n\r\nVoilà le secret des petits bossus...
J'ai demandé à ma grand-mère: " Qu'est-ce que c'est un bossu ? " Alors elle m'a dit : c'est vrai que tu es un joli petit bossu parce que tu as un peu le dos rond. C'est parce que tu es pas comme les autres qu'on t'aime beaucoup.
Mes enfants, les proverbes que vous voyez aux murs de cette classe correspondaient peut-être jadis à une réalité disparue. Aujourd'hui on dirait qu'ils ne servent qu'à lancer la foule sur une fausse piste, pendant que les malins se partagent la proie; si bien qu'à notre époque , le mépris des proverbes, c'est le commencement de la fortune
Toute la classe (en choeur) : « Bien mal acquis ne profite jamais... L'argent ne fait pas le bonheur... ».
Topaze : [...] Ah ! l'argent… Tu n'en connais pas la valeur… Mais ouvre les yeux, regarde la vie, regarde tes contemporains… L'argent peut tout, il permet tout, il donne tout… Si je veux une maison moderne, une fausse dent invisible, la permission de faire gras le vendredi, mon éloge dans les journaux ou une femme dans mon lit, l'obtiendrai-je par des prières, le dévouement, ou la vertu ? Il ne faut qu'entrouvrir ce coffre et dire un petit mot : « Combien ? » (Il a pris dans le coffre une liasse de billets.) Regarde ces billets de banque, ils peuvent tenir dans ma poche, mais ils prendront la forme et la couleur de mon désir. Confort, beauté, santé, amour, honneurs, puissance, je tiens tout cela dans ma main… Tu t'effares, mon pauvre Tamise, mais je vais te dire un secret : malgré les rêveurs, malgré les poètes et peut-être malgré mon coeur, j'ai appris la grande leçon : Tamise, les hommes ne sont pas bons. C'est la force qui gouverne le monde, et ces petits rectangles de papier bruissant, voilà la forme moderne de la force.
Topaze : Tu as vu des femmes qui aiment les pauvres ?
Topaze : Pour gagner de l'argent, il faut bien le prendre à quelqu'un…
Panicault : [...] Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c'est ça qui leur impose le plus !
Topaze : Je suis professeur. C'est-à-dire que, hors d'une classe, je ne suis bon à rien.
Topaze : Je puis dire que pendant dix ans, de toutes mes forces, de tout mon courage, de toute ma foi, j'ai accompli ma tâche de mon mieux avec le désir d'être utile. Pendant dix ans, on m'a donné huit cent cinquante francs par mois. Et un jour, parce que je n'avais pas compris qu'il me demandait une injustice, l'honnête Muche m'a fichu à la porte. Je t'expliquerai quelque jour comment mon destin m'a conduit ici, et comment j'ai fait, malgré moi, plusieurs affaires illégales. Sache qu'au moment où j'attendais avec angoisse le châtiment, on m'a donné la récompense que mon humble dévouement n'avait pu obtenir : les palmes [académiques].
Il y a d'ailleurs un très beau proverbe : « Tout le monde savait que c'était impossible . Un ignare ne le savait pas : il l'a fait . »
Il y a d'ailleurs un très beau proverbe : « Tout le monde savait que c'était impossible . Un ignare ne le savait pas : il l'a fait . » Il est bien vrai que parfois un jeune homme ignorant les règles, ou les méprisant, ouvre tout à coup une voie nouvelle...
Œuvres de Marcel Pagnol
A propos des starlettes du Festival de Cannes 1955.Angèle (1934) d'après le roman de Jean Giono Un de Baumugnes (1929)Cinématurgie de ParisCinématurgie de Paris (2016)Critique des critiques (1949)César (1946)César (1946), CésarCésar (1946), CésariotCésar (1946), PanisseCésar (1946), Sur une route, le chauffeurCésar (1946), Terrasse du bar, CésarFabien (1956)Fanny (1931)Fanny (1931), FannyFanny (1931), I, 3, Monsieur BrunFanny (1931), I, 4, PanisseFanny (1931), II, 3, PanisseFanny (1931), II, 7Fanny (1931), PanisseFanny (1931), deuxième tableau, I, 7, Honorine